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Catégorie : Cilicie - Mersin
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L'auteur fut le témoin des évènements de la première moitié du XIXe siècle en Cilicie. Nous présentons ici le contenu de son ouvrage et un résumé des chapitres consacrés à l'histoire de cette région particulière. 

Isolée du reste de l'empire ottoman par les montagnes du Taurus, la Cilicie, lieu de passage et région frontière, a été gouvernée par des pachas turbulents ou impuissants face aux seigneurs locaux. C'est ce que montrent les chapitres de l'ouvrage de William Burckhardt Barker consacré à l'histoire de cet espace géographique particulier qui correspond, dans la Turquie moderne, aux régions de Mersin et d'Adana.

 

Lares and penates: or, Cilicia and its governors; a short historical account of that province from the earliest times to the present day; togetherwith a description of some household gods of the ancient cilicians, broken up by their conversion to Christianity, first discovered and brought to this country by the author, William Burckhardt Barker, M.R.A.S., many years resident at Tarsus in an official capacity edited by William Francis Ainsworth, F.R.G.S., F.G.S. corresponding member of the geographical society of Paris, of the oriental society of Germany, honorate secretary of the syro-egyptian society

Londres, Ingram Cooke, and Co, 1853

Pagination : sommaire et 396 pages

 

Chapitre I

Période ancienne de l'histoire de la Cilicie. Mention écrite de Tarsus. Ancienne religion. Description des ciliciens par Hérodote. La Cilicie sous la domination assyrienne. Tombeau de Sardanapale. Domination des Mèdes. La Cilicie envahie par les hordes scythes. La tombe du prophète Daniel. Crésus, roi de Lydie. Les satrapes perses. Invasion de la Grèce par les Perses. Syannesis, roi de Cilicie. Traité d'Antalcidas. Alexandre le grand en Cilicie. Bataille d'Issos.

 

Chapitre II

Plistarchus. Bataille d'Ipsos. Ptolémée Evergète. Antioche le grand. Zénon et Chrysippe. La Cilicie sous les Séleucides. Invasion par Tigrane. Pompée en fait une province romaine. Campagne de Cicéron en Cilicie. Saint Paul. Insurrection des ciliciens. Cossutianus Papito gouverneur. Polemon, roi de Cilicie, épouse Bérénice. La Cilicie est déclarée province romaine sous le règne de Vespasien. Le destin de l'empire romain se décide dans la plaine d'Issos.

 

Chapitre III

Légende des Sept Dormants. Sapor envahit la Cilicie. Conquête par Zénobie. Invasion de la Cilicie par les Alains. Maximien meurt à Tarse. Mort de Constance à Mopsueste de Cilicie. Saint George, patron de l'Angleterre, naît à Epiphane. L'empereur Julien enterré à Tarse. Invasion des Huns. Bélisaire en Cilicie. Campagne d'Héraclius contre Chosroes (Kusru Anushiriwan).

 

Chapitre IV

Raid des Sarrasins. La Cilicie est conquise par Harun al Rachid. Al Mamun meurt en Cilicie. Echange de prisonniers à Il-Lamas. Sac de Mopsueste par le calife Mutassim. Mopsueste repris par Nicéphore Phocas et Jean Zimisces. Invasion des Turcs. Alp Arslan et Romain Diogène. Dynastie turque à Nicée. Persécution des chrétiens. Première croisade. Tancrède et Baudouin en Cilicie. Alexis annexe la Cilicie à l'empire grec.

L'extension arabe est un épisode important pour la région. Les Arabes envahissent l'empire byzantin et assiègent Constantinople en 677 et en 717. Ils razzient plusieurs fois l'Asie mineure en passant par la Cilicie.

Al Mamun, fils de Harun al Rachid, prend 15 villes de Cilicie dont Tarsus. Le calife Mutassim, troisième fils de Harun al Rachid, réunit des troupres à Tarsus pour attaquer l'empereur byzantin. Il assiège et prend Amurium, et remporte une autre victoire à Mopsueste (au Sud-Ouest d'Adana), ce qui lui laisse le contrôle totale de la Cilicie.

L'affaiblissement de la dynastie des Abbassides au Xe siècle provoque le retour de byzantins qui reconquièrent Adana, Tarsus et une partie de la Syrie.

Ce « répit » est de courte durée. En 1072, Alp Arslan, avec ses troupes turques, vainc l'empereur byzantin Romain Diogène et occupe l'Asie mineure. Les Turcs qui s'infiltrent dans le pays depuis plusieurs années, s'y installent définitivement.

Suleyman, fils de Kutulmus, fonde la dynastie des Seldjoukides de Roum (Roum, parce que les Turcs considèrent les byzantins comme des successeurs de Romains) en 1084.

Le temps des croisades arrive : les croisés prennent Nicée et sont vainqueurs de Kiliç Arslan, fils de Süleyman. Baudouin et Tancrède, frère de Godefroy de Bouillon occupent la Cilicie. En 1118, l'empereur byzantin Alexis, par la guerre et la diplomatie, réussit à reprendre le contrôle de cette province.

 

Chapitre V

L'empereur Jean Comnène tué lors d'une chasse en Cilicie. Description d'Anazarbe. Seconde croisade. Troisième croisade. Mort de Frédéric Ier Barberousse. Quatrième croisade. La Cilicie sous les règnes de Jean Ducas Vataces. Invasion de Gengis Khan.

Jean Comnène qui succède à Alexis sur le trône byzantin en 1143 guerroie constamment avec succès, mais il meurt accidentellement près d'Anazarbe. Manuel, puis Andronicus lui succèdent. Ce dernier combat contre les Arméniens qui occupent la Cilicie.

Lors de la troisième croisade, en 1183, Frédéric Barberousse, se noie, selon la légende, en traversant une rivière de Cilicie.

La quatrième croisade est marquée par la prise et le sac de Constantinople et la création de l'empire latin. Théodore Lascaris crée l'empire de Nicée qui comprend la Cilicie et s'allie avec les Turcs contre les occupants latins et catholiques. Jean Doukas Vataces lui succède en 1222 pour un long règne de 33 ans pendant lequel il essaya de développer son pays. C'est à cette époque que les Vénitiens et les Gênois développent leur commerce sur le côtes de l'Asie mineure et y installent des comptoirs

En 1261, Constantinople est repris par les byzantins et les pisans qui les ont aidés sont installés dans le quartier de Galata. Les vénitiens et les génois s'installent eux dans un autre quartier.

En 1473, Monecigo reçoit l'ordre de la république de Venise de se mettre en rapport avec Uzun Hassan et de lui envoyer d'importants cadeaux destinés à nouer une alliance avec la Perse contre Mehmet II, Il escorte l'expédition de Josaphat Barbaro, ambassadeur de la république, à travers la Cilicie, occupe les forteresses de Sichesii (Sikin), Seleucia (Silifke) et Corycos (Kurkus) pour les remettre à son allié Hassan Bey, un des princes de Karaman. Barbaro, parti de Tarsus, réussit après quelques péripéties à rejoindre Uzun Hassan, chez qui il séjourne cinq années ; il retourne à Venise en 1488, cette fois par le port d'Alep.

En 1488, une expédition envoyée par Beyazit II contre l'Egypte qui occupe la Cilicie et la Syrie, prend Adana et Tarsus avant d'être vaincue par les Mamlouks à Issos.

L'invasion des Mongols de Gengis Khan au début du XIIIe siècle a affaibli les Seldjoukides et a permis aux byzantins de recouvrer temporairement des territoire perdus dont la Cilicie.

 

Chapitre VI

Montée des Ottomans. Victoire de Beyazit. Invasion des Mongols. Prise de Constantinople par Mehmet II. Beyazit II. Annexion de la Cilicie à l'empire ottoman. Campagne de Soliman le magnifique. Murat IV envahit la Cilicie. Sa maison à Adana. Réforme de Mahmud II. Abdulmecit.

La Cilicie fait partie de l'émirat de Karaman. C'est Beyazit II qui dut combattre le sultan d'Egypte pour reprendre les provinces, dont la Cilicie, que celui-ci avait conquises. Tarsus et Adana changent plusieurs fois de maître avant qu'un accord soit signé en 1492. Le sultan ottoman contrôle alors les portes de la Syrie. La Cilicie devient le pachalik d'Adana.

Murat IV, succédant à son père en 1622, repousse avec 200000 hommes les troupes du shah de Perse qui, allié au pacha d'Erzurum, a attaqué des provinces d'Asie dont la Cilicie.

 

Chapitre VII

Histoire moderne de la Cilicie. Küçük Ali Oğlu. Ses moyens financiers. Actes de cruauté. Bayas. Mode de vie et caractère. S'empare du commandant d'un vaisseau anglais. Capture d'un marchand français. Soudoie les soldats turcs envoyés contre lui. Met son ami le consul d'Alep en prison. Force une caravane de marchands à lui verser une rançon. Anecdote caractéristique.

Profitant des faiblesses, des abus ou de l'éloignement du pouvoir central, de véritables dynasties locales se sont constituées dans les provinces d'Asie mineure, parmi lesquelles celle de la famille de Kara Osman Oğlu.

En 1800, Küçük Ali a 60 ans, c'est un chef turcoman des montagnes des environs de Bayas (près de l'ancienne Issos), ville actuellement déserte mais qui fut florissante. La ville lui paie tribut pour éviter de se faire piller. Petit à petit, il a éliminé toute opposition des familles influentes pour concentrer le pouvoir entre ses mains.

Il fait payer des droits de passage aux voyageurs et, en particulier, ceux qui accomplissent le pèlerinage de La Mecque, ce qui lui vaut des substantiels profits et quelques menaces du pouvoir central de Constantinople. Il montre à cette occasion une cruauté légendaire.

Malgré la faiblesse de ses effectifs, 200 personnes environ, il sait tromper l'administration : pour montrer sa puissance pourtant toute relative, il construit des tours dans la montagne, il occupe la passage stratégique du château de Bayas entre la Cilicie et la Syrie.

En 1798, il capture Mr. Fowls, le capitaine d'un bateau anglais, et quatre de ses hommes. Il réclame une rançon, mais l'affaire se termine mal et seul un homme survit. Deux ans plus tard, c'est au tour d'un vaisseau français venant du port d'Alep de se faire rançonner. le consul français à Alep réagit et la Porte envoie trois bateaux de guerre pour mater Kûçûk Ali. Celui-ci réussit à les corrompre et les officiers lui offrent même d'intercéder auprès du sultan.

Au début de 1801, il arrête le consul des Pays-Bas à Alep, John Masseyk alors qu'il va à Constantinople muni d'un firman impérial, l'enferme en prison et lui réclame une rançon. Ce sont des marchands de passage qui sont obligés d'acheter le consul comme esclave pour la somme de 17500 piastres.

La Porte n'arriva pas à reprendre, du vivant de Küçük Ali, le contrôle complet de cette région.

 

Chapitre VIII

Dada Bey, fils de Küçük Ali Oğlu. Ses acte de piraterie. Repousse les attaques des Turcs. Est pris par ruse. Il est torturé et brûlé. Histoire de Mustafa Pacha. Kil-Ağa tué par Hadji Ali Bey. Dervish Hamid. Histoire de Hadji Ali Bey. Conquête d'Ibrahim Pacha. Mustuk Bey au pouvoir. Comparaison des gouvernements égyptien et turc.

Dada bey, âgé de trente ans, succède à son père Küçük Ali, mort en 1808. Il se livre aussi au piratage et au rançonnage.

Amin Pacha Chiapan Oğlu, gouverneur d'Uzgat reçoit l'ordre de ramener la tête de Dada Bey à Constantinople. Il envoie 2000 irréguliers qui accompagnent des turcomans du district d'Adana et de Tarse. Abdul Rahman Pacha de Baylan et Chulak-oğlu de Maras attaquent en même temps. Cette expédition échoue et ce n'est que par la ruse que Dada Bey est capturé par Mustafa, pacha d'Adana, en 1817. Il est exécuté, sa tête est envoyée à Istanbul et son corps brûlé.

Mustafa Pacha avait tué son frère Mulla Bey pour devenir maître de Baylan, mais un autre frère Abdullah Bey, dresse la population contre lui et le chasse. Il se rend à istanbul et obtient le pachalik d'Adana. Il est ensuite envoyé à Erzurum et à Alep où il reste deux ans. Il occupe différents postes à Jérusalem, en Bosnie et avant d'être envoyé à Bursa [Brousse].

Mustuk Bey, frère de Dada bey, s'est réfugié en 1817 à Maraş avec Kalandar pacha. Il y reste quelques années jusqu'au départ de Mustafa Pacha. Durant le dix ans de sa minorité, son oncle Zaitun-oğlu gouverne pour lui.

A son retour, en 1827, Mustuk Bey est attaqué par Hadji Ali Bey qui s'était auto-proclamé maître d'Adana. Au même moment, Kel Ağa, chef de la tribu turcomane de Kugiuli qui habitait les montagnes du nord-ouest du Taurus, menace Adana. Hadji Ali Bey, effrayé, fait la paix avec Mustuk Bey, bat et tue Kel Ağa.

Derwish Ahmed, fils de Kel Ağa, lui succède. Comme dans d'autres régions de l'empire ottoman, il prélève un impôt sur les villageois pour compenser l'exemption d'impôt qu'il accorde aux propriétaires ; en échange, ceux-ci partagent la production de leurs terres. A cette époque, les plus riches s'auto-exemptent d'impôts et reportent la charge sur les plus pauvres ou sur ceux qui ne bénéficient d'aucune relation. C'est un système qui ressemble fort au féodalisme.

En 1828, Hussein Pacha, général en chef de l'armée envoyée en Syrie par Ibrahim Pacha d'Egypte en guerre contre le sultan, arrive avec ses troupes en Cilicie. Hadji Ali Bey, incapable de résister, est obligé de collaborer. Hussein Pacha qui obéit à la Porte trouve là une occasion de se débarasser d'un pacha devenu trop indépendant. Sous le prétexte d'une convocation par le sultan, il convainc Hadji Ali Bey de se rendre à Istanbul où celui-ci est emprisonné et disparaît.

L'armée ottomane est mise en déroute par les Egyptiens, mais Mustuk Bey sait se concilier les faveurs des vainqueurs et reste gouverneur de Bayas pendant sept ans.

Quand l'armée égyptienne se retire, il fait en sorte qu'elle le fasse pacifiquement et récupère une province intacte.

L'administration égyptienne de Selim Pacha et Hamid Minikli avait été efficace et leur départ fut regretté. Ils surent exploiter les richesses de cette région en rouvrant les mines d'étain du Taurus, en introduisant la canne à sucre et en favorisant l'agriculture. Ils aménagèrent des défenses à Kulek Boğaz, dans les Portes de Cilicie.

 

Chapitre IX

Muhammad Izzet Pacha. Un prétendant au trône turc. Son étrange histoire et ses réussites. Disparaît à Konya. Ahmet Izzet Pacha. Autorisation donnée à Mustuk Bey de tuer son neveu. Suleyman Pacha. Expédition de Derwish Ahmed contre Mustuk bey. Son commandant des officiers est pris et enlevé. Bayas pris et saccagé.

Après le départ des Egyptiens, Muhammad Izzet est le premier gouverneur envoyé par la Porte. C'est un fonctionnaire honnête que l'auteur a pu apprécier lui-même.

En février 1843, se situe l'épisode de Nadir Bey, prétendant au trône qui affirme être un fils de Mustafa V et qui essaie d'obtenir l'appui des notables de Tarsus. Il échoua dans sa tentative et fut envoyé à Istanbul. Ce personnage semble avoir fasciné l'auteur, surtout à cause de son éducation occidentale.

Le second pacha après le départ des Egyptiens s'appelle Ahmet Izzet pacha. Il est nommé le 12 mai 1843.

Jaloux de l'influence du Muhassil (agent financier de la Porte) Abdullah Rushdi, il monte contre lui Mustuk Bey. Mais le muhassil fait appel à Istanbul et le pacha est renvoyé.

Suleyman Pacha lui succède en novembre 1843. Le muhassil s'oppose toujours à Mustuk Bey et convainc la Porte d'envoyer contre lui des troupes. Des hommes sont recrutés sur place et Derwish Ahmed prend leur commandement. Mustuk Bey s'étant retiré dans ses montagnes, il profite de son absence pour prendre et piller sauvagement Bayas.

 

Chapitre X

Anecdotes de Suleyman Pacha. Gin-Jusif, rebelle de Karatach. Arif Pasha. Meurtre d'un pacha. Hasan Pacha. Anecdotes sur le conseil. Membres chrétiens du conseil. Employés de la porte. Péage à Kullak boğaz. Hati Sherif. Cours de justice.

« [Suleyman Pacha] était le plus stupide de tous les pachas excepté en matière d'argent. » A l'auteur qui l'a rencontré, il dit avoir été choisi pour son caractère pacifique.

Karataş est dirigé par Yusuf, fils de l'homme qui défendait le château de Bayas à l'époque de Dada Bey ; il a tué son frère et pris sa place sans l'accord de la Porte. Suleyman Pacha reprend rapidement le contrôle de la ville et le jette en prison. Mais Yusuf réussit à se faire libérer moyennant une forte somme. Quelques années plus tard, il a le titre de kiz ağasi.

Suleyman Pacha est rappelé et remplacé par Arif Pacha. Une anecdote montre les limites de son autorité : il convoque à Adana Kuzan oğlu, chef d'une tribu turcomane située près de Sis, et ami de Mustuk Bey. Il l'emprisonne mais doit le libérer sous la pression des hommes de Kuzan oğlu.

Peu de temps après, le pacha de Maraş est tué par des gens de la tribu des Aushirs voisins de Kuzan Oğlu, alors qu'il était venu lever un impôt sans grande protection. Arif Pacha menace, mais reste impuissant.

Le Muhassil Abdullah Rushdi, tombé en disgrâce, quitte Adana non sans s'être enrichi.

Le "gouverneur" Arif Pacha doit démissionner peu de temps après.

En 1846, la Porte qui reçoit de nombreuses plaintes décide de reprendre en main le pachalik. C'est Hassan Pacha qui est chargé de cette tâche en compagnie de nouveaux fonctionnaires. C'est un ancien janissaire formé à la nouvelle discipline appelée Nizam.

Mustuk Bey qui est à Istanbul avec son patron Waji Pacha repart en bateau avec Hassan Pacha. L'auteur lui-même les accueille à Adana.

Le nouveau pacha n'aura pas plus de pouvoir que les autres. Il ne peut payer que cinquante cavaliers et dépend trop des différents chefs qui dominent la région. Les ağas lèvent l'impôt appelé saliyan qui sert normalement à payer les fonctionnaires. Il est levé deux fois par an et son montant est soigneusement calculé.

En réalité, les villages paient trois fois ce que reçoit la Porte et les ağas s'octroient le droit d'exempter leurs proches. Il arrive que des habitants soient forcés à la fuite pour échapper à de lourdes dettes.

Le système se reproduit dans les villages où les cheiks usent des mêmes procédés avec la même impunité.

Le Conseil, présidé par le pacha et le muhassil, est composé du mufti, du cadi, du nakib et de quelques chefs des tribus turcomanes, gère la collecte des impôts, fixe et répartit les taxes. Malgré l'interdiction, certaines taxes de passage sont encore prélevées, aux portes de Cilicie par exemple. Et la gestion de cet argent laisse toujours à désirer.

Les réformes, Tanzimat Khairiyah ou Hatti Sheriff de Gulhane, connues sous le nom de Tanzimat, ne sont pas appliquées en Cilicie, en particulier dans le domaine de la justice.

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