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Catégorie : Bibliographie
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Extrait de Joanne A. et Isambert E., Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'Orient, 1861 : Turquie

Les chiffres sont évidemment à considérer avec prudence. Les historiens discutent encore de la fiabilité de certains recensements de l'époque.

IV° section : Statistique. Population. 

Tout ce qui touche le gouvernement, l’administration, la religion, l’agriculture, l’industrie, etc., de la Turquie d’Asie, se trouve dans le chapitre consacré aux généralités sur la Turquie d’Europe (p. 276-331). Nous n’ajouterons ici que quelques renseignements statistiques sur la population de cette vaste contrée.

La population de la Turquie d’Asie, en y compreriant la Syrie, la Mésopotamie, le Kurdistan et la Judée, s’élève à 16 050 000 habitants qui, distribués par races, donnent lieu aux évaluations suivantes : Ottomans, 10 260 000; — Grecs, 1 000 000; — Arméniens, 2 000 000 ; — Juifs, 80 000; — Syriens et Chaldéens, 279 000; — Druses, 32 000; — Kurdes, 1 000 000;— Arabes, 900 000; — Tchinganes, 200 000; — diverses, 299 000. 

Le classement de celte population, suivant les différentes religions qu’elle pratique, donne les résultats suivants : Musulmans, 12 568 000 ; — chrétiens Grecs 3 036 000, en comprenant sous ce chiffre les Arméniens qui appartiennent au schisme grec d’Eutychès; — catholiques, 265 000: — protestants, 1000; — juifs, 80000; — idolâtres, 100 000. 

Les catholiques se subdivisent en :

1° Latins ou catholiques suivant la liturgie romaine. Ils ont un patriarche à Jérusalem depuis 1847. 

2° Grecs unis ou Melkites qui ont un patriarche résidant à Damas, et huit sièges suffragants ; 

3° Les Arméniens unis, dont le patriarche, résidant à Bézoummar, dans le Mont-Liban, a avec lui sept archevêques in partibus, et pour suffragants les évêques d’Alep, de Mardin et Amasia-Tekar;, 

4° Les Syriens et Chaldéens unis, qui ont deux patriarches, l.’un à Alep, l’autre à Mossoul, et quinze suffragants. [457]

5° Les Maronites, qui ont un patriarche à Canobin, dans le Liban, et sept évêques suffragants. 

Nous avons déjà esquissé (p. 314-330) ce qui se rapporte au caractère et aux mœurs de la plupart de ces populations ; nous reviendrons dans notre V° partie (Syrie-Palestine) sur quelques-unes d’entre elles, Syriens, Maronites, Bédouins nomades, etc. 

La langue parlée le plus généralement dans l’Asie Mineure est la langue turque (V. p. 331-339); après elle, les langues arménienne et grecque sont les plus répandues. La langue arabe commence en Syrie. (Voy. Ve partie. )