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Catégorie : Livres et documents
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Molla Hüsrev (parfois transcrit Khosrev, mort en 1480) est une des plus grandes figures de l'histoire du droit ottoman. C'est le troisième sheikhülislam (la plus haute autorité religieuse) de l'empire ottoman. Après la conquête de Constantinople, il devint professeur et ses travaux de droit canon servirent de référence. Ses ouvrages devinrent par la suite des sources du droit ottoman.

Molla Hüsrev, de son vrai nom Mehmed bin Ferâmûz naquit au début du XVe siècle dans un village entre Sivas et Tokat. Certains biographes ont cru qu'il était d'origine grecque.

Il fut élevé par sa soeur et son beau-frère qui lui donna son nom. Il fit des études à Bursa et à Edirne avec des érudits. Il enseigna, puis fut juge à Edirne de 1447 à 1450. 

Après la Conquête, il devint juge d'Istanbul, puis de Galata et d'Üsküdar.

Il revint à Bursa entre 1460 et 1473 où il construisit sa propre école.

Rappelé par Mehmet II, en 1473-1474, il devint mufti d'Istanbul jusqu'à sa mort en 1480.

Première page du traité, 1858 (29 pages, 13 x 21 cm), un bel exemple d'impression du XIXe siècle

"Dans l'empire ottoman, il n'y avait à l'origine pas d'organe spécial pour donner des avis doctrinaux; les fonctions de juge (hâkim) et de jurisconsulte (mufti) étaient réunies dans la même personne. Ainsi, sous Mourâd II [Murat II], le savant Chems ed-Din Fenari fut simultanément kadi et mufti de Brousse (826-834). C'est lui le premier qui reçut le titre de cheïkh ul-islam c'est-à-dire Senior de l'islam. Après sa mort (834), Mourâd paraît avoir séparé la charge de juge de celle de jurisconsulte.

En 834, il nomma mufti de sa capitale, avec le titre de cheikh ul-islam, Fahr ed-Din Adjémi qui siégea d'abord à Andrinople, puis, après la conquête de Constantinople (857), dans la nouvelle capitale, dont Méhémed II [Mehmet II]. nomma juge Khidir bey tchelébi. A celui-ci succéda en 862 Molla Khosrev qui, à la mort (865) de Fahr ed-Din, devint mufti de Constantinople, poste qu'il occupa jusqu'à sa fin (885) [1480]. Dans son kanoûnnamé, Méhémed II fit du cheikh ul-islâm le chef des gens de loi (reis ul-ulema), position hiérarchique à peu près analogue à celle qu'avait le grand-vézir vis-à-vis des gens d'épée et de plume. [...] Molla Khosrev [Hüsrev], le 3e cheikh ul-islam, d'origine grecque, était en même temps était en même temps professeur à la médressé de Sainte-Sophie fondée par Méhémed II ; c'est un des plus grands ulémas ottomans. Il a écrit des ouvrages considérables, tant sur la partie générale du fykyh [fıkıh, droit canon] (Mirkat avec le commentaire Mir'at) que sur sa partie spéciale (Durer avec le commentaire Qurer) qui constituent encore aujourd'hui la base de l'enseignement du droit dans les médressés."
(extrait de A. Heidborn, Manuel de droit public et administratif de l'Empire ottoman, Vienne-Leipzig, C. W. Stern, 1908)

Le Mi̇r’âtü’l-usûl, qui est écrit en Arabe, la langue savante, avec le Persan, de l'empire ottoman, a servi à l'enseignement du droit dans les medreses ottomanes. Il fut réimprimé à de nombreuses reprises, dont notre édition parue en 1275 (1858).

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