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Catégorie : Relations franco-turques
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Les relations parfois houleuses entre l'Empire ottoman et la France. Andreossy fut ambassadeur à Istanbul de 1812 à 1814. Sa notice est extraite en grande partie, pour la période pré-révolutionnaire, d'un mémoire manuscrit du comte de Saint-Priest qui fut lui aussi ambassadeur de 1768 à 1776. Nous avons mis entre guillemets les citations extraites de cet ouvrage.  

 

Sources :

1524 : Frangipani, Jean, seigneur hongrois. Il est envoyé par François Ier auprès de Soliman pour établir une alliance contre Charles-Quint. Frangipani se trouvait en Hongrie avec le sultan lors du désastre de Pavie.
Les négociants de Marseille commencent, en 1530, à trafiquer plus directement avec les provinces ottomanes. Ils avaient, dès 1507, obtenu une première Capitulation.
1531 : Rinçon, Antoine, envoyé
1534 : LAFOREST, Jean de, premier ambassadeur, chevalier de Saint-Jean-de-Jerusalem.
1535 : Premier traité de commerce et d'amitié conclu par Laforest. Plus tard, il signe aussi un traité d'alliance militaire contre Charles-Quint qui avait cherché lui aussi à s'allier avec Soliman et lui avait proposé "de renvoyer le sieur de la Forest, et de s'allier avec ce César pour conquérir ensemble toute la terre, et ensuite la partager entre eux" (De La Croix, Etat général de l'Empire ottoman, épître à Louis XIV).
Laforest avait emmené Guillaume Postel, orientaliste, chargé par François Ier de la recherche de manuscrits.
1536 : Montluc, Jean de, protonaire
1537 : Marillac, cousin de J. de la Forest, chargé d'affaires
1538 : Capitaine Rinçon, envoyé. Il  est assassiné dans le Milanais en 1540, peut-être à l'instigation de Charles-Quint.
1539 : Cantelmo, César, napolitain
1541 : Polin, baron de la Garde, Antoine, dit le capitaine Polin, lieutenant-général des galères, envoyé à Constantinople à la nouvelle de l'assassinat du capitaine Rinçon dans le Milanais. Revient en France en 1543.
1547 : D'ARAMON, Gabriel, 2e ambassadeur. Il accompagne Soliman dans son expédition contre la Perse ; "il se rend utile au siège de Van et opère, en 1553, la jonction des forces navales françaises et ottomanes."
Pierre Gyllius, originaire d'Albi, est envoyé pour recueillir des manuscrits et rassemble les matériaux de deux ouvrages : l'un sur Constantinople et l'autre sur le Bosphore.
P. Belon, savant naturaliste, voyage à la même époque dans le Levant avec le baron de Fumel et y reste de 1547 à 1550.
1550 : De Cambrai, Jacques de, chanoine de Bourges, chargé d'affaires
1552 : Retour de M. d'Aramon
1553 : Chesnau, chargé d'affaires
1554 : CODIGNAC, valet de chambre du roi, 3e ambassadeur. Il s'embarque sur la flotte turque pour la campagne de 1555. Par la suite, il devient suspect à Henri II et passe au service de Philippe II d'Espagne dont il devient le représentant à Istanbul.
1555 : Villemonté, envoyé
1557 : LA VIGNE, M. de, 4e ambassadeur jusqu'en 1661. Apre négociateur, il obtient la liberté de prisonniers italiens et allemands
1559 : Petromol, ou Pontremol de la Norroy, chargés d'affaire
1561 : Dolu, chargés d'affaire
1561 : Petromol, conseiller et maître d'hôtel du roi

Ces quatre ambassadeurs ont officié pendant le règne de Soliman, apogée de l'empire ottoman.

1566 : DU BOURG, sieur de Guerines, Claude, 5e ambassadeur, sous Charles IX et Selim II.
1569 : IIe renouvellement des capitulations, 18 octobre.
1570 : Grandchamp, de, chargé d'affaires
1571 : La Triquerie, chargé d'affaires
1572 : DE NOAILLES, François, évêque d'Acqs, 6e ambassadeur. C'est, dit le président Hénault, un des plus habiles négociateurs qu'ait eus la France. L'évêque d'Acqs conclut la paix entre la Porte et Venise, ce qui était sa mission première.
1574 : DE NOAILLES, Gilles, abbé de l'Isle, 7e ambassadeur jusqu'en 1577.
1577 : Jugé, chargé d'affaires jusqu'à l'arrivée du baron de Germigny
1580 : GERMIGNY, baron de Germoles (le chevalier de), 8e ambassadeur, nommé par Henri III, sous Murat III.
1581 : IIIe renouvellement des traités ou capitulations en juillet. Germingny permet aux Anglais de commercer avec le Levant. Les Jésuites s'installent dans l'église de saint-Benoît à Galata.
1584 : Berthier, chargé d'affaires
1585 : SAVARI, seigneur de l'Ancôme, Jacques, 9e ambassadeur. Ligueur, il est déposé par Henri IV, mais, comme il refuse d'obéir , il est enfermé aux Sept-Tours.
1589 : SAVARY, seigneur de Brèves, François, 10e ambassadeur. Il jouit de la préséance sur les ministres de l'Empereur. Il accompagne trois fois le sultan à l'armée, et il demande à son successeur Mehmet III des secours pour Henri IV contre la Ligue. Il achète la palais de France pour les ambassadeurs, à Péra. Une mission française s'établit à Constantinople pour la propagation du christianisme.
1597 : IVe renouvellement des traités (et 1604) avec Ahmet Ier
1607 : DE GONTAUT-BIRON, baron de Salignac, Fr., 11e ambassadeur. Il meurt et est enterré à Saint-Benoît-de-Galata. "Premier envoyé des états de Hollande, il doit faire tous ses efforts pour l'introduction du calvinisme chez les chrétiens orientaux".
1611 : DE HARLAY-SANCY, baron de la Mole, Achille, 12e ambassadeur, âgé de vingt-cinq ans. Les relations avec la Porte sont houleuses : "intrigues des jésuites. Un cordelier, vicaire patriarcal, pendu à Constantinople. L'ambassadeur maltraité est menacé de la question. On y livre son secrétaire. Envoi d'un Tchaouch en France, pour faire des excuses et apaiser la colère du Roi. Les Hollandais obtiennent, en 1612, de trafiquer dans le Levant. Mustapha Ier est détrôné, en 1618, par suite des troubles que cause son incapacité."
1620 : DE HARLAY, comte de Cézy, Philippe, 13e ambassadeur. Osman II a succédé à son oncle Mustafa. L'ambassadeur cautionne des affaires hasardeuses.
1631 : DE GOURNAI, comte de Marcheville, Henri, 14e ambassadeur.
1634 : L'ambassadeur est renvoyé par la Porte qui le soupçonne d'intrigue contre son prédécesseur.
        : Le comte de Cézy, qui était retenu à cause des cautionnements, reprend la gestion des affaires à la demande de la Porte. Il est maintenu par Louis XIII. Il paye ses dettes et repart à Marseille le 13 juillet 1640.
1639 : DE LA HAYE, seigneur de Vantelet, Jean, 15e ambassadeur, premier homme de robe envoyé à Istanbul. La guerre de Candie qui commence en 1644 provoque des tensions entre la France et l'Empire ottoman. L'ambassadeur est enfermé aux Sept-Tours en 1660, est relâché et repart en France en 1661.
        : Laforest, chargé d'affaires, n'est pas agréé par le Grand Vizir.
        : Blondel, maréchal de camp
1660 : Roboli, agent. C'est un mauvais administrateur, un incendie survient à la chancellerie, le bâtiment et les archives brûlent.
1669 : DE LA HAYE, seigneur de Vantelet, Denis, 16e ambassadeur. "Violentes altercations avec le grand vizir au sujet des présents d'usage ; l'ambassadeur est retenu trois jours dans le palais de ce dernier. L'affaire s'arrange et M. de Vantelet reçoit ensuite des distinctions extraordinaires. Envoi en France d'un Muteferica (officier des gardes pour donner des explications).
1670 : OLIER, marquis de Nointel, Charles-François, 17e ambassadeur
1673 : Ve renouvellement des capitulations le 10 novembre. Les droits des rois de France sur les Lieux Saints de Jérusalem sont confirmés par Mehmet IV à Louis XIV qui prend le titre de "Protecteur unique du Christianisme dans l'Orient", titre accordé à l'un de ses prédécesseurs en 1525.
M. De Nointel visite des Echelles du Levant, la Syrie et se rend à Jérusalem. Il est le premier européen qui pénètre dans la grotte d'Antiparos où il fait célébrer une messe. Envoi en France des marbres dits "de Nointel", dont l'un des inscriptions est datée de plus de deux mille ans. M. de Nointel, endetté, est rappelé et exilé.
1679 : DE LA VERGNE DE GUILLERAGUES, Gabriel-Joseph, 18e ambassadeur. Nommé en 1677, il est arrivé deux ans plus tard. Il doit négocier pendant l'affaire de Scio et des corsaires poursuivis par Duquesne en 1684. Il est menacé d'être envoyé aux Sept-Tours, mais réussit à amadouer le Vizir. Il meurt à Istanbul en 1685, d'une attaque d'apoplexie.
1685 : Fabre, J.-B., chargé d'affaires
1685 : DE GIRARDIN, Pierre, conseiller au parlement de Paris, 19e ambassadeur. Il avait voyagé en Turquie et connaissait la langue, raisons de son choix par Louis XIV. L'empire ottoman vit alors une série de succès puis quelques revers. M. de Girardin meurt à Istanbul en 1687.
1689 : De Girardin, M. l'abbé, frère de Pierre de Girardin, chargé d'affaires.
1689 : DE CASTAGNERES DE CHATEAUNEUF, Pierre-Antoine, 20e ambassadeur. De nouveaux succès pour l'empire ottoman, et à nouveau des revers en Hongrie. Ahmet II succède à Süleyman II qui est mort en 1691.
1699 : DE FERRIOL, baron d'Argental, Charles, 21e ambassadeur. Les russes commencent à affirmer leur présence en Mer Noire. "M. de Ferriol ne veut point, suivant un usage jusqu'alors suivi, se dessaisir de son épée avant d'aller à l'audience du Grand-Seigneur. Il prétend pouvoir faire mettre à son bateau un tendelet qui, à Constantinople, est exclusif au souverain, à l'héritier et au premier ministre ; vives discussions à cet égard. M. de Ferriol, atteint d'aliénation, en 1709, est suspendu de ses fonctions par les oifficiers de l'ambassade. Il se rétablit et part à Constantinople en avril 1711. De retour à paris, il publie un recueil de cent estampes sur le Levant, avec leurs explications, ouvrage encore aujourd'hui plein d'intérêt. Cet ambassadeur avait vu les règnes d'Ahmet II et de Mustafa II, qui furent une suite de revers." Le Grand vizir estime que la France ne soutient plus l'Empire ottoman. Le traité de Karlowitz en 1699, lui est particulèrement défavorable.
1711 : COMTE DESAILLEURS, Pierre-Puchot, seigneur de Clinchamps, 22e ambassadeur. Nommé en 1709, il n'est accrédité que deux ans plus tard. C'est le règne d'Ahmet III.
1716 : D'USSON, marquis de Bonnac, Jean-Louis, 23e ambassadeur. "Il obtient la réparation de la voûte du Saint-Sépulchre à Jérusalem, vainement sollicitée depuis soixante ans. Il intervient comme médiateur entre la Porte et la Russie, pour le partage des provinces persanes situées sur les bords de la mer Caspienne. La Porte envoie Mehmet-Effendi en ambassade à Paris.
1724 : PICON, vicomte d'Andresel, J. B. L., 24e ambassadeur. Il meurt en 1727.
1727 : De Fontenu, Gaspard, consul général à Smyrne, chargé d'affaires
1728 : MARQUIS DE VILLENEUVE, Louis-Sauveur, 25e ambassadeur. "Violence du Grand Vizir Ibrahim Pacha envers l'ambassadeur, à l'occasion du bombardement de Tripoli de Barbarie. Arrivée, à Constantinople, du comte de Bonneval, devenu ensuite Ahmet-Pacha, le 29 juin 1729. Il a de vives altercations avec M. de Villeneuve au sujet de la politique de la Porte. Ahmet III est déposé. Guerres de l'empire avec la Perse.
1740 : VIe renouvellement des capitulations avec augmentation de 42 articles, sur celles de 1604 et de 1673, le 28 mai, au nom de Luis XV et de Mahmut II.
1741 : COMTE DE CASTELLANE, Michel-Ange, 26e ambassadeur. Said Pacha est envoyé en France pour remercier Louis XV de sa médiation dans le traité de 1739.
1747 : COMTE DESALLEURS, Roland Puchot, 27e ambassadeur. Fils du 22e ambassadeur, il est envoyé pour promouvoir une alliance contre l'Autriche, pour aider la Pologne. Il meurt à Istanbul en 1754, la même année que Mahmut Ier.
1754 : M. Pérote, agent
1754 : M. de Peysonnel, consul général à Smyrne, chargé d'affaires
1755 : GRAVIER, Comte de Vergennes, Charles, ne déploie d'abord que le caractère de ministre plénipotentiaire. "Son premier soin est de retirer, par ordre de Louis XV, tous les papiers relatifs à la correspondance secrète de ce prince avec le comte Desalleurs, à laquelle M. de Vergennes avait été admis [...] M. de Vergennes annonce à la Porte l'alliance de Versailles du 1er mai 1756 ; déviation de politique, préjudiciable à l'Empire ottoman. Nomination de Stanislas Poniatowski, en 1764. Insinuation en faveur de Stanislas-Auguste mal accueillie. Défiance de la Porte. Troubles de Pologne fomentés par Catherine de Russie. Le gouvernement ottoman ne veut point se mêler des affaires de ce pays. Le duc de Choiseul au ministère. Le baron de Tott consul-général en Crimée auprès de Krim-Ghèraï, khan des Tartares. Confédération de Bar. Déclaration de guerre à la Russie en octobre 1768. Rappel de M. de Vergennes.
Il emporte, en quittant Constantinople, les regrets du Divan et du commerce français. Une députation des négociants lui fait hommage d'une épée en or massif. Le baron de Tott, qui était arrivé à Constantinople avec M. de Vergennes en 1755,  y reste attaché au gouvernement ottoman. Il organise, en 1774 et 1775, une artillerie de campagne, établit une fonderie, une machine à mate, une papeterie etc et dirige la construction de forts sur le Bosphore.
1756 : le même, 29e ambassadeur
1768 : COMTE DE SAINT-PRIEST, chevalier Guignard, 29e ambassadeur.  Arrive le 13 novembre 1768. L'Empire ottoman essuie de nouvelles défaites. Saint-Priest commence à étudier quels provinces pourraient être conquises par la France, il identifie l'Egypte.
1776 : M. Le Bas, chargé d'affaires pendant les congé de Saint-Priest. Invasion de la Crimée par les Russes. Traité d'alliance de l'Autriche avec la Russie. "La France s'interpose en vain entre les Russes et les Turcs. La guerre recommence. Premier et unique plan de Constantinople par l'ingénieur français Kauffer en 1776".
1778 : M. le comte de Saint-Priest revient cette année-là. Il favorise le développement du commerce de Marseille vers la Mer noire. "Mésintelligence entre la Porte et la cour de Vienne étouffée par les osins de M. de Saint-Priest."
1784 : COMTE DE CHOISEUL-GOUFFIER, 30e ambassadeur. Il amène des savants et des gens de lettre, dont l'abbé Delille. "L'objet de cette ambassade est de protéger l'Empire turc contre une puissance qui ne dissimulait pas, même alors, le projet de le renverser ; c'est aussi de mettre à la disposition de la Porte des ingénieurs militaires et des constructeurs de vaisseaux. Troubles en Egypte réprimés par Haçan Pacha. Voyage de Catherine II en Crimée avec Joseph II en 1787. Inquiétude de la Porte. La guerre éclate entre la Russie et les Turcs. L'Autriche se déclare bientôt contre ces derniers. Perte d'Oczakow après une longue résistance que M. de Choiseul avait préparée, en envoyant pour mettre cette place en état de se défendre, outre un détachement de canonniers, M. Lafitte Clavé, ingénieur français très distingué. Etablissement à l'entrée du Bosphore d'un assez bon système d'ouvrages défensifs. Mort d'Abdul-Hamit, en avril 1789. [...] Prise de Belgrade par les Autrichiens qui la restituent aux Turcs, à la paix, dont les évènements de la révolution française hâtent la conclusion. [...] Les conséquences de la révolution françasie se font déjà sentir dans l'Orient, et influent sur la politique européenne à l'égard de la Porte. Huçein, surnommé Kutchuk parce qu'il était petit et fluet, célèbre Capitan-Pache, favori de Sultan-Selim, homme d'une grande capacité, devient le restaurateur de la marine ottomane. 
1792 : M. de Choiseul est déposé en octobre par le gouvernement révolutionnaire et écarté des affaires, en conséquence de la délibération de la Nation à Constantinople. La nation, dans le Levant, est la réunion en assemblée délibérante  des chefs des maisons de commerce de chaque EChelle, cautionnées près de la chambre de commerce de Marseille. Antoine Fonton prend la place de Choiseul, mais n'est pas agréé par a Porte.
1793 : Le premier député du commerce est donc chargé des affaires
        : M. Descorches (marquis de Sainte-Croix), est envoyé par la Convention nationale, sans caractère public pour détourner la Porte d'entrer dans la coalition des Puissances contre la France. Firman de la Porte pour observer la neutralité en mer. Deux pavillons français flottent dans les mers du Levant.
        : M. de Chalgrin, chargé des affaires du roi.
1795 : M. de Verninac, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de la République française, met fin aux dissensions violentes qui existaient entre les Français au Levant. Il se fait précéder, à l'audience du Grand Vizir, d'une musique militaire, et escorter d'un détachement de troupes françaises la baïonnette au bout du fusil, jusque dans la seconde cour du Sérail. Là, cette troupe présente les armes au Grand Vizir et aux autres membres du Divan. Verninac est le premier ministre étranger qui ait fait imprimer et distribuer une gazette dans sa langue, à Constantinople. Envoi à Paris d'un ambassadeur turc permanent, Ali Effendi. Voyage scientifique et politique en Perse de M. Olivier, membre de l'Institut.
1796 : AUBERT DU BAYET, lieutenant-général, 31e ambassadeur est le premier ambassadeur de la République, nommé par le Directoire. Il amène avec lui une compagnie d'artillerie légère pour le service de la Porte. Il rentre dans tous des droits des ambassadeurs français avant la révolution. La France récupère l'églide de Saint-Benoît à galata et en est reconnue protectrice, ainsi que de tous les établissements de rite catholique. Beauchamp, nommé consul à Mascate en Arabie, est le seul Français, après Tournefort, qui pénètre dans le Mer noire. Il relève les côtes d'Istanbul à Trabzon.
Aubert-du-Bayer meurt à Constantinople en 1797. "La perte de cet ambassadeur place, pour la première fois, M. Ruffin à la tête de la Nation, en qualité de chef provisoire, jusqu'à l'arrivée du général Cara-Saint-Cyr qui était en Valachie.
1798 : Général Cara-Saint-Cyr, chargé d'affaires remplace l'ambassadeur. Il lui fait élever un monument sur la terrasse du Palais de France. "Honneurs extraordinaires rendus par le Capitan-Pacha à la veuve du général du Bayet dans une visite faite à bord de l'Amiral ; elle est saluée en partant de neuf coups de canon.
        : M. Ruffin, chargé d'affaires est enfermé aux Sept-Tours à la demande des ambassadeurs des autres puissances, le 2 septembre 1798. La guerre en Egypte met l'ambassadeur dans une position très critique. Les Français sont emprisonnés dans les châteaux asiatiques de la Mer noire et dans le bagne d'Istanbul. Cette captivité de la Nation et de son chef dure trois ans. Après sa détention, Rufin redevient chargé d'affaires.
1802 : VIIe Paix de 1802 (Messidor an X), le 25 juin. Dix articles sont ajoutés aux Capitulations pour régler la navigation française dans le Mer noire.
1803 : BRUNE, Marie-Anne, maréchal de France, 32e ambassadeur arrive le 6 janvier. La Porte refuse de reconnaître Napoléon Bonaparte comme empereur des Français. Brune part en décembre 1804. La France se rapproche de la Perse.
1804 : M. Parandier, P., chargé d'affaires, décembre. La Porte propose un tarif désavantageux à la France. Les négociations commerciales trainent. Muhib Effendi est envoyé comme ambassadeur ottoman à Paris. Raguse est prise par les Français.
"Arrivée de M. Jaubert, chargé de remettre lui-même une lettre de Napoléon au sultan Selim. Refus des membres du Divan de l'admettre auprès du sultan. M. Parandier menace la Porte de quitter Constantinople avec tous les Français, dans le cas où la lettre ne serait pas remise avant trois jours. Elle l'est enfin par M. Jaubert dans une rencontre avec le sultan, aux Eaux-Douces. La réponse est portée à Paris par un drogman de France.
1805 : M. Ruffin, chargé d'affaires, septembre. Napoléon est reconnu par le gouvernement ottoman le10 janvier 1806 et Ruffin est admis à l'audience du sultan, en tant que chargé d'affaires de l'empereur des Français.
1806 : SEBASTIANI, général Horace, 33e ambassadeur. Il fait destituer à son arrivée, les princes de Moldavie et de Valachie, agents de la Russie. La Russie envahit la Géorgie, les Anglais menacent Constantinople en janvier 1807. "L'ambassadeur, par ses dispositions que secondent tous les Français qui se trouvent à Constantinople, préserve d'une insulte cette capitale ; et les Anglais sont forcés de s'éloigner. Le général Sébastiani reçoit, ainsi que Ruffin, l'ordre du Croissant. [...] L'ambassadeur de France protège généreusement les Anglais tombés au pouvoir des Turcs (après l'échec de l'expédition anglaise en Egypte). Suppression des barats, patentes de protection accordées, moyennant finance, par les ministres étrangers aux sujets raïa du Grand-Seigneur, demandée et obtenue par le général Sébastiani. Révolte des Janissaires, le 27 mai 1807, Selim est déposé et Mustafa devient sultan.
Le général Sébastiani demande son rappel et part le 23 avril 1808.
1808 : M. Fay, marquis de la Tour-Maubourg (Florimond), chargé d'affaires. Il était second secrétaire d'ambassade.
Mustafa est déposé, Selim étranglé et Mahmut monte sur le trône.
"La légation de France est en butte à une intrigue violente à l'occasion du septinsulaire Dendrino ; la légation anglaise n'y est point étrangère. Mauvais procédés à l'égard de La Tour-Maubour ; la garde du palais de France lui est retirée. Un rupture paraît inévitable. Conduite sage et ferme du chargé d'affaires. Ce différend se termine avantageusement pour la Légation française. Rétablissemnt des relations amicales avec la Porte.
Le traité de Bucarest, du 30 mai 1812, termine la guerre extérieure en Turquie. Il est ratifié à Constantinople, par mahmut le 15 juin ; et à Vilna, par l'empereur Alexandre le 23 juin ; échange de ratifications par les plénipotentiaires le 14 juillet. En faisant la paix avec les Russes, le Grand-Seigneur refuse de conclure un traité d'alliance contre la France."
En Egypte, Ibrahim bey achève de massacrer les mamelouks. Mehmet Ali est maître du pays.
1812 : COMTE ANDREOSSY, lieutenant général d'artillerie, 34e ambassadeur arrive le 25 juillet. "Le nouvel ambassadeur obtient que le prince Mourousi, ennemi des Français et voué aux Russes, soit exclu des conférences du Reïs-Effendi. Les Russes restituent les provinces de Moldavie et de Valachie. Les expéditions du commerce français sont dirigées par terre sur Costanizza, à travers la Bosnie. Peste épouvantable à Constantinople. Incendie qui consume, entre autres quartiers, celui de Balat, habité par les Juifs, et composé de plus de quatre mille maisons. [...] Massacre de cinq cent prisonniers turcs en Russie [...] L'Angleterre favorise et sème des mésintelligences du côté de Bagdad, pour préoccuper les Turcs et les empêcher de rétablir l'état de guerre sur le Danube, qu'il eût été dans leur intérêt de maintenir.
Le général Andreossy entretient une correspondance avec Mirza-chérif, premier ministre de Perse. Malgré les revers des campagnes de 1812 et de 1813, la Porte, loin de s'abandonner à l'influence des coalisés, semble mettre plus d'égards et de procédés envers les Français ; les affaires se traitent avec plus de facilité. Mars 1813, reprise sur les Whehabi [Wahabites)] de Médine et de La Mecque, dont les clés furent ensuite apportées au Grand-Seigneur [...]
La naissance du prince Abdul-Hamid accompagne ces heureuses nouvelles, 6 mars 1813.
Le jour même de cette naissance, le général Andreossy reçoit du Grand-Seigneur l'audience d'usage, retardée jusque là par l'horrible peste qui avait désolé la capitale. Campagne de Russie. Revers. Invasion de la France. Chute de Napoléon. Retour des Bourbons, avril 1814. Le général Andreossy fait reconnaître Louis XVIII. Rappel de cet ambassadeur. Il quitte Constantinople le 14 novembre.
1814 : M. Ruffin, chargé d'affaires jusqu'à l'arrivée du marquis de Rivière le 12 septembre. Evènements de 1815. Napoléon Bonaparte, de retour à Paris le 20 mars, envoie M. Jaubert à Constantinople en qualité de chargé d'affaires. La Porte ne le reconnait pas. Scission entre les français. Rentrée du roi dans la capitale le 8 juillet. Départ de Napoléon pour Sainte-Hélène.
1816 : MARQUIS DE RIVIERE, lieutenant général, 35e ambassadeur. Il arrive le 4 juin.Tarif des douanes renouvelé, affaire de Jérusalem, grande influence de la Russie. M. de Rivière obtient un congé en juin 1819.
1819 : M. le vicomte de Viella, premier secrétaire d'ambassade, remplace Rivière en tant que chargé d'affaires
        : 27 décembre, retour de M. le marquis de Rivière
1820 : M. de Viella, chargé d'affaires après le départ, le 29 octobre, de M. de Rivière qui vient d'être nommé capitaine des gardes du futur Charles X. Insurrection des Grecs, en mars 1821. Discussions le la Porte avec les russes pour le maintien de la paix. Destruction du couvent du Mont-Carmel par le Pacha de Saint-Jean-d'Acre.
1821 : FAY, marquis de la TOUR-MAUBOURG (For.), 36e ambassadeur, arrive le 26 décembre. Il refuse de prendre ses audiences jusqu'à l'arrangement des affaires de Jérusalem et du Mont-Carmel. Insurrection de Scio. Reprise de cette île part les Turcs. N'ayant pas obtenu ce qu'il demandait, Maubourg sollicite son rappel et quitte la ville le 21 février 1823.
1823 : Comte de Beaurepaire, chargé d'affaires
1824 : COMTE GUILLEMINOT, lieutenant général, 37e ambassadeur. Il débarque à Top-Khana le 9 juin 1824. Aggravation de l'insurrection grecque. Dissolution du corps des janissaires le 16 juin 1827. Traité de Londres le 6 juillet 1827. "Les trois grandes puissances maritimes de l'Europe veulent s'interposer entre les Turcs et les Grecs. L'intervention diplomatique est repoussée par la Porte."
1826 : M. Emile Désages, chargé d'affaires, mars
        : Retour du général Guilleminot, en septembre
Bataille de Navarin, 20 octobre 1827.
1827 : Les ambassadeurs des trois puissances alliées quittent Constantinople le 8 décembre. "Déclaration de la Porte aux Notables de l'Empire sur les évènements dont elle se croit menacée, et sur sa conduite envers les alliés ; pièce regardée comme un manifeste du gouvernement turc (1828)."
Guerre des Russes contre la Perse en février 1828. Menace russe sur Constantinople.
1829 : Retour du général Guilleminot à Constantinople
1831 : M. le baron de Varenne, chargé d'affaires
1833 : ROUSSIN, M. le vice-amiral baron, 38e ambassadeur, septembre
1836 : M. le marquis d'Eyragues, chargé d'affaires
1837 : Retour de l'amiral Roussin à Constantinople
1838 : VIIIe traité de commerce, novembre
1839 : M. le comte de PONTOIS, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentaire, 24 octobre