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Catégorie : Relations franco-turques
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L'armistice avec la Turquie est signée le 30 octobre 1918 en rade de Moudros, ville de l'île grecque de Lemnos. Mais pour les Turcs, qui refusent le dépecage de leur pays et les Français qui, présents en Syrie, occupent une partie du sud de la Turquie, la guerre continue. 

Le 18 novembre 1918, la flotte franco-anglaise entre dans le port d'Istanbul. Et pourtant la guerre n'est pas terminée en Orient.

Le Moyen-Orient a été découpé en cinq zones dont une "zone française, d'administration directe formée du Liban actuel et de la Cilicie (Turquie d'Asie) " (France archives,  Haut-Commissariat en Syrie et Cilicie, et campagne d'Afrique (1919-1927))

Les Français occupent aussi, en 1919-1920, Zonguldak et Ereğli (dans la région de la mer Noire) où l'on extrayait du charbon, mais se retirent face à la résistance de la population.

Des combats continuent dans le sud-ouest de la Turquie, appelé aussi Cilicie, occupé par les troupes françaises débarquées en novembre 1918 à Mersin et qui s'y installent durablement. Ils ne cessent qu'en 1921. 

Cette occupation fait de nombreuses victimes : les Français essaient de contrôler la région, ils assiègent par exemple Antaïb (Gaziantep), les nationalistes turcs harcèlent les troupes françaises et remportent des victoires, ce qui amène la France à modifier sa politique et à signer le traité d'Ankara en octobre 1921.

Dans une carte postale envoyée vers 1920, un soldat écrit :
"Cher ami, me voilà à Mersina après 21 jours de voyage. J'ai déjà visité Beyrouth Alexandrette une quantité de petites villes. J'attends ici mon affectation. Le pays est très intéressant on voit des turcs des chameaux des minarets et des femmes voilées. Je suis ici à 12 km de l'armée turque et on doit sortir en ville armée [sic] car la population n'est pas rassurante…"

Campagne de Cilicie (1919-1920)

Texte publié dans le Journal des Anciens poilus d'Orient et des TOE de l'arrondissement de Lunéville, septembre 1938. Un résumé de la guerre selon des anciens combattants français.

"En novembre 1919, à la suite d'un accord franco-anglais, nos troupes relèvent les britanniques dans la partie du territoire réservée à la France.

Une armée française du Levant est alors constituée sous les ordres du général Gouraud. Ses effectifs sont très faibles et elle est aux prises, dès janvier 1920, avec les plus grosses difficultés sur les confins turcs. La dure campagne de Cilicie commence.

Dans la première partie de cette campagne, de janvier à juin 1920, nos forces insuffisantes nous contraignent à une défensive extrêmement difficile, particulièrement en Cilicie où le général Dufieux réussit des prodiges de ténacité et d'habileté. Nos troupes doivent évacuer Marach, puis Bozanti, au prix de lourds sacrifices, Ourfa tombe, nos colonnes s'épuisent à dégager Aïn-Tab sans cesse réinvesti.

Cependant l'Etat de Syrie manifeste son indépendance, nous interdit le libre usage de la voie ferrée de Rayack-Alep; ses partisans ne cessent de harceler nos postes. Les renforts venus de France et d'Afrique du Nord permettent au général Gouraud de régler rapidement ce compte; battues à Khan Meïsseloun le 24 juillet 1920, les forces de l'Emir Fayçal s'évanouissent, le rêve du royaume arabe se dissipe. Alep et Homs sont occupés simultanément.

La lutte est alors reprise en Cilicie où elle prend une autre tournure. De vigoureuses offensives sont déclenchées dès octobre ; la plaine de Cilicie est dégagée : Aïn-Tab occupé par les Turcs est assiégé et tombe en février 1921 ; c'est la fin des opérations actives sur ce front.

En octobre 1921, le Traité d'Angora remet à la Turquie la Cilicie, sauf Alexandrette."

A lire :

A voir :

Exposition "À l'Est la guerre sans fin, 1918-1923", Musée de l'Armée, Hôtel des invalides, Paris, du 5 octobre 2018 au 20 janvier 2019

http://www.musee-armee.fr/actualites/a-lest-la-guerre-sans-fin-1918-1923.html