"Anastase, ou Mémoires d'un Grec" est un roman singulier paru au début du XIXe siècle, écrit par Thomas Hope (1769-1831), et dont l'action se passe dans l'empire ottoman. De nombreux passages nous en offre une description à la fin du XVIIIe siècle.

Anastase, ou Mémoires d'un Grec : écrits à la fin du XVIIIe siècle, traduits par M. de Faucompret, précédés d'une notice de l'auteur et de notes par J. A. Buchon, Paris, librairie de Charles Gosselin, 1844, VIII, 650 pages

Anastase

Thomas Hope (1769-1831) est un personnage singulier : membre d'une riche  famille de banquiers écossais installés à Amsterdam, il ne s'intéressa pas à la finance, mais fut un décorateur célèbre, un collectionneur et un écrivain. 

A l'âge de 18 ans, il commença un long voyage en Grèce, en Turquie et dans tout le bassin méditerranéen qui dura 8 ans, de 1787 à 1795. Ainsi, dans son roman philhellène "Anastase ou Mémoires d'un Grec",  il put mêler à la fiction des descriptions de la réalité et le récit d'événements historiques qui lui furent contemporains, ce qui était assez rare à cette époque.

Lors de son voyage, il fit également de nombreux dessins, dont certains à Istanbul, qui ont été exposés au Musée Benaki d'Athènes en 2016.

Il écrit lui-même : 

« Je n'étais pas plutôt, dit-il en parlant de sa prédilection pour les études de l'architecture, devenu le seul maître de mes actions, ce qui m'arriva malheureusement quand je n'étais que dans ma dix-huitième année, que, dédaignant de nourrir mon goût favori dans la solitude du cabinet, je résolus de lui donner un aliment plus actif en allant visiter tous les pays où je pouvais espérer quelque bon fruit pour mes études de prédilection. C'est sur les bords du Nil que j'allais observer l'architecture égyptienne. C'est sur les rivages de l'Ionie, en Sicile. et dans le Péloponnèse que j'allais contempler les merveilles de l'architecture grecque. A quatre reprises je visitai l'Italie, afin de bien me familiariser avec toutes les nuances des variétés infinies du style architectonique propre à cet intéressant pays, depuis les plus grossiers essais de style étrusque jusqu'aux dernières dégradations de l'art apportées par le style lombard. C'est sur la côte d'Afrique, et au milieu des ruines de Grenade et de Cordoue, que j'allai étudier l'art mauresque ; en Turquie et en Syrie, que je cherchai à bien me pénétrer des principes de l'architecture tartare et persane. Et enfin, pour me rendre bien maître de la plus jeune des branches de l'art, de celle connue à tort sous le nom de gothique, j'en ai examiné avec soin les restes les plus estimés dispersés à travers l'Angleterre et dans la plupart des provinces de France, d'Allemagne, d'Espagne el de Portugal. Pendant huit ans que dura cette investigation, avide que j'étais de me perfectionner dans un art que j'étudiais par pure affection artistique et sans autre but que de pouvoir bien le comprendre, je me suis soumis de gaieté de cœur à des fatigues, à des difficultés, à des dangers même qui auraient certainement découragé la plupart de ceux qui cherchent à s'en faire une profession lucrative et bâtissent sur cette base toutes leurs espérances de fortune et d'avenir. »

Anastasius / Anastase

Ce roman, à la première personne, paru une première fois en 1819, qui se déroule essentiellement dans l'empire ottoman, eut un très grand succès et fut rapidement traduit en plusieurs langues. Publié sans nom d'auteur, il fut un temps attribué à Byron.

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Dans l'édition de Gosselin en 1844, la traduction de Fauconpret est annotée par J.-A. Buchon, spécialiste de la Grèce qui a aussi une bonne connaissance des territoires ottomans. Sa préface reprend de nombreuses informations de l'édition en Anglais publiée par Baudry à Paris en 1831.

Thomas Hope lui-même revendique la paternité du roman et nous donne quelques informations sur son voyage, comme le fait qu'il ait résidé un an à Istanbul :

« Londres, Duchess-Street, 9 octobre 1821.

Monsieur, Un article de votre dernier numéro du Magazine, intitulé : Sur Anastase, par lord Byron, contient quelques assertions qui ne doivent sans doute être prises que comme un jeu d'esprit, mais qu'un inattentif pourrait prendre au sérieux. Je me dois donc à moi-même de déclarer que, pendant le cours de longs et divers voyages, j'ai résidé près d'une année entière à Constantinople ; que fréquemment j'ai visité l'arsenal et le bagne ; que j'ai assisté aux fêtes de la Saint-Georges; que j'ai vu Rhodes ; que j'ai parcouru l'Egypte, la Syrie et tous les autres lieux que j'ai essayé de faire connaître par des descriptions minutieuses ; que c'est sur les lieux mêmes, quoi qu'en puisse penser mon aristarque, que j'ai recueilli mon vocabulaire d'expressions orientales ; et que, pendant que j'étais occupé de la rédaction de mon ouvrage, j'avais, comme le célèbre poète avec lequel, par un haut compliment littéraire, on a bien voulu me confondre, un Albanais à mon service ; que, si j'ai adopté la forme d'une fiction romanesque, c'est pour donner à mes observations sur l'Orient un corps plus saisissable que si je les eusse écrites sous la forme d'un journal de voyage; que, si j'ai évité toutes les discussions d'antiquités, c'est à dessein, comme ne s'alliant pas avec la forme que j'avais choisie ; que si je n'ai pas mis mon nom sur le titre de l'ouvrage, c'était pour être plus conséquent avec le titre de Mémoires d'un Grec adopté par moi ; que j'avais écrit complètement mon roman, ou l'ouvrage auquel je laisse à mon critique donner le titre que bon lui semblera, bien long-temps avant qu'eussent paru les admirables productions de lord Byron ; et qu'enfin je suis bien réellement, quoiqu'il me semble peu nécessaire de l'ajouter, le seul et unique auteur d'Anastase, et votre très-humble serviteur.»

L'itinéraire et les aventures du héros permettent donc au lecteur de découvrir les différentes régions de l'empire ottoman. La carte en fin de volume renforce le caractère didactique de l'ouvrage, un peu à la façon du Voyage du jeune Anacharsis.

J.A. Buchon écrit :

« Aucun ouvrage historique, aucun livre de voyage, aucune description détaillée de l'empire ottoman, ne fait connaître aussi exactement et aussi minutieusement cette curieuse partie du monde que le fait le roman d'Anastase. C'est le portrait le plus fidèle de l'état politique et social de l'empire ottoman et des éléments si divers qui le composent, tels qu'ils se combinaient encore ou qu'ils tendaient à se séparer au commencement du dix-neuvième siècle. M. Thomas Hope, auteur d'Anastase, avait parcouru les provinces européennes, asiatiques et africaines de cet empire pendant les dernières années du dix-huitième siècle, et, pour donner à ses observations plus de réalité et plus de vie, il avait imaginé de les incorporer dans un cadre qui lui laissât pleine liberté de décrire, non-seulement toutes les provinces, mais aussi toutes les professions et toutes les habitudes. Il était alors peu familier avec la langue anglaise, et il écrivit en français le roman d'Anastase afin de reproduire plus vivement ses souvenirs. Ce n'est donc point un intérêt romanesque, ce ne sont pas des passions habilement développées dans leur cause et dans leurs effets, ce ne sont pas des caractères bien conçus et bien soutenus, ce ne sont pas des événements dramatiques ménagés avec art, ce n'est pas enfin un véritable roman de passion et d'intrigue qu'il faut chercher ici, mais seulement une fable ingénieuse à la faveur de laquelle on pût réunir et grouper les hommes de toute race, de tout costume, de tout rang de l'empire ottoman, de manière à ce qu'il résultât de cette vue générale une connaissance entière des institutions el des hommes; et c'est ce que M. Hope a fait avec un succès qui a étonné ceux même de ses amis accoutumés à évaluer le plus haut ses connaissances et son intelligence. [...]

"Le roman Anastase est ici un véritable tableau historique. Ce roman avait été dès sa première édition vers 1800, écrit en langue française, qui était plus familière à M. Hope que ne lui était la langue anglaise ; depuis il acquit une rare habileté à assouplir la langue anglaise, et il traduisit lui-même son ouvrage en anglais. [Nous n'avons trouvé aucune mention d'une version française directement écrite par l'auteur]. »

Dans son roman, comme on peut le voir dans le sommaire, Thomas Hope évoque de nombreux lieux, les îles grecques, la Grèce, Istanbul, Smyrne, la Roumanie, l'Irak, le Liban, l'Egypte, l'Arabie, et des événements comme la guerre turco-russe, la conquête de l'Egypte par le sultan Selim, l'arrivée au pouvoir de Selim III.

Le héros est tour à tour domestique, soldat, drogman (interprète), médecin, kaïmakan, officier etc. Il est malade, emprisonné, ruiné, menacé de mort et poursuivi, mais se sort toujours des pires situations, souvent grâce à des rencontres qui sont l'occasion pour l'auteur de décrire des personnages ou des institutions.

Les notes de J.-A. Buchon donnent des éclaircissements sur les lieux, les institutions, les moeurs, les vêtements, les religions, les différentes minorités etc

Anastase devient même musulman (Chap. X) pour mieux s'intégrer dans la société ottomane, ce qui nous vaut une petite leçon de théologie (par ailleurs bien annotée par Buchon).

« Dès que mon vénérable instituteur [un mollah] se fut assis commodément sur ses talons à l'angle de mon sofa, jetant autour de lui un regard de complaisance, comme si mon logement lui eût plu, il me dit que, pourvu qu'il s'y installât seulement deux heures par jour, il me garantissait qu'avant la fin de la première année il me ferait connaître parfaitement les quatre rituels, Hanefy, Schafey, Hanbaly et Maleky [les quatre doctrines de l'Islam, le hanafisme, le chaféisme, le malikisme, le hanbalisme dont est issu le wahhabisme], ainsi que tout ce qui avait rapport aux quatre-vingt-dix-neuf épithètes de la Divinité, représentées par les quatre-vingt-dix-neuf grains du chapelet. Dans l'espace d'une autre année, il osait espérer qu'il me ferait parcourir les principales différences existant entre les deux cent quatre-vingts mufessirs ou commentateurs les plus canoniques du koran, de même que les deux cent trente cinq articles de foi sur lesquels les théologiens ne sont pas tout à fait d'accord. La troisième année serait employée à réfuter complètement les objections que les alewys [alévis] et autres schismatiques faisaient contre la croyance des sunnites, et à me donner une idée générale des dogmes des soixante-douze principales sectes hétérodoxes, depuis celle d'Ata-Hakem-El-Moukanna, ou le prophète borgne au masque d'or, jusqu'à celle de Khand-Hassan, fanatique qui mangeait du porc et buvait du vin en public, comme un chrétien; de sorte que, grâce à une méthode si rapide, il ne s'agirait plus, la quatrième année, que de repasser le tout, pour le graver dans ma mémoire d'une manière indélébile. Pour me donner un avant-goût de sa manière d'argumenter, il posa un point de controverse, y lit des objections, et les pulvérisa par la force de ses raisonnements; après quoi il se leva aussi fier de sa sagacité que satisfait du silence respectueux avec lequel son disciple l'avait écouté.»

Il va même en pèlerinage à La Mecque. Un long chapitre est consacré à ce qui deviendra l'Arabie saoudite et aux wahabites. Anastase épouse même une wahabite qui meurt d'une chute de chameau…

Page 393, il raconte l'arrivée au pouvoir de Selim III en 1789 en pleine guerre avec l'Autriche et la Russie, et les nouvelles nominations :

« Cependant, renonçant à tout projet de guerre offensive, le vizir résolut de concentrer ses forces autant que possible pour s'occuper de la défense de l'empire. Il envoya à Mavroyeni un renfort de cinq mille hommes qui, répartis entre Ardgis, Rimnik, Brankovano, Valeni et Kimpina, semblaient pouvoir couvrir suffisamment les frontières de sa principauté, et il entra lui-même en Bessarabie pendant la suspension des hostilités.
Déjà il levait la main pour frapper sur ce point un nouveau coup sur la Moldavie, et il se promettait de voir se renouveler ses premiers succès, quand un événement inattendu vint faire flétrir nos espérances et paralyser nos forces.
C'était la mort, la mort à laquelle rien n'avait préparé, du sultan Abdoul-Hamid, auquel succéda son neveu Sélim. Sans avoir pu prévoir un si grand changement, ce prince passa tout à coup, le 7 avril 1789, de l'ombre du harem à la splendeur du trône des despotes ottomans.
Comme la plupart des jeunes gens, Sélim s'occupa à défaire tout ce que son prédécesseur avait fait. Sa barbe avait à peine quinze jours (1), que les deux principaux favoris de son oncle, Youssouf [Koca Yusuf Paşa, 1730-1800] et Hassan [Cezayirli Gâzi Hasan Paşa (1713-1790)], tombèrent tout à coup du poste élevé qu'ils occupaient. Leur traitement ne fut pourtant pas tout à fait le même. L'âge d'Hassan, ses longs services, ses anciens succès, inspiraient encore pour le héros vétéran une sorte de vénération d'habitude à laquelle le nouveau monarque crut devoir quelque égard. Il couvrit sa disgrâce de l'apparence d'une nouvelle faveur, et il le nomma beglier-bey [beylerbey] de la Roumélie, tandis que le capitan-bey (2), Geretlu-Hussein [Giritli Hüseyin Paşa, mort en 1794], succédait à sa place de grand-amiral. Non-seulement Hassan se trouva ainsi éloigné de son élément naturel, mais il reçut en outre l'ordre de marcher à la tête de l'armée de Bessarabie en qualité de séraskier, et de reprendre la forteresse d'Oczakow. Youssouf, moins bien ancré dans les bonnes grâces du peuple, subit une disgrâce plus complète. Du rang de grand-vizir, il descendit à celui de pacha de Widdin : et, pour envenimer davantage le trait qui le blessait, la dignité qu'il perdait fut conférée au gouverneur de cette ville, son ennemi déclaré. Ce nouveau commandant en chef était surnommé Dgénazé [en Turc moderne, cenaze] [Cenaze Hasan Paşa, mort en 1810], c'est-à-dire le Mort, surnom que lui avait valu le mauvais état de sa santé.

1. Le nouveau sultan ne laisse croître sa barbe qu'à compter du jour de son avènement au trône. 
2. Le commandant de la marine turque, sous les ordres du capitan-pacha.»

Notes : Hassan Pacha et Mavroyeni sont des personnages historiques.
Les Mavroyeni (Mavrogénis) étaient une grande famille phanariote (nom donné aux familles aristocratiques grecques au service du sultan).
Nicolaos Mavroyeni (1735-1790) fut hospodar de Valachie de 1786-1790, date à laquelle il fut exécuté après sa défaite face aux Autrichiens.
Hassan Pacha est Cezayirli Gâzi Hasan Paşa (ou Pacha) (1713-1790), qui fut kaptan paşa (grand amiral de la flotte ottomane), puis grand vizir en 1789-1790 ; il intervint dans le Péloponnèse, lors de la révolution d'Orloff et en Egypte.

Bibliographie partielle des éditions d'Anastase

Edition originale : 

  • Anastasius, or, Memoirs of a Greek : written at the close of the eighteenth century. Londres, J. Murray, 1819

Editions en Français : 

  • Paris, H. Nicolle, 1820.
  • Paris, Gide fils, 1820
  • Bruxelles, G.P. Vanden Burggraaff, 1828.

Edition anglaise publiée à Paris :

  • Anastasius, or Memoirs of a Greek, written at the close of the eighteenth century by Thomas Hope. [Details respecting the Fanariotes of Constantinople, extracted from a work published by Zallony. Memoirs of the life of Thomas Hope, by V.R.], Paris, Baudry, 1831.

Sur les dessins : Tsigkakou Fani-Maria Moraitou Mina, "Thomas Hope. Σχέδια της Οθωμανικής Κωνσταντινούπολης / Thomas Hope. Drawings of Ottoman Istanbul" Traduction : Alexandra Doumas. Benaki Museum, 2016, 240 pages, en Anglais et Grec. Publié à l'occasion de l'exposition éponyme au Benaki Museum of Islamic Art (Mars – Septembre 2016), sur un ensemble de dessins de l'artiste anglais. Cet ensemble est un témoignage précieux sur Istanbul à la fin du XVIIIe siècle.

Extraits d'Anastase, traduction de 1844

Pages 46 : arrivée à Istanbul

« Les yeux fixés sur le tableau qui s'offrait à mes regards, je voyais comme sortir successivement du sein des eaux le haut des minarets, les dômes, les coupoles, les maisons qui, s'étendant le long du rivage, se réfléchissaient dans les vagues, ou qui, s'élevant sur la colline, semblaient vouloir atteindre les nuages. Ce n'était d'abord qu'une masse confuse, mais dont les détails se développaient peu à peu; enfin il me sembla voir trois villes [note : Constantinople, Galata et Scutari] toutes d'une immense étendue, séparées les unes des autres par un bras de mer dont les flots argentés semblaient leur servir de base, et faire poser sa vaste enceinte moitié en Europe et moitié en Asie. Enivré par ce brillant spectacle, je sentais que toutes les facultés de mon âme ne suffisaient pas pour en embrasser la splendeur. J'avais à peine la force de respirer ; je craignais presque que le moindre souffle ne dissipât cette vision magnifique, et que cette ville immense ne s'évanouît devant mes yeux comme un songe trompeur.»

Page 179

« Les deux troupes s'arrêtèrent, et se mirent l'instant d'après à danser gaiement la romaïca (1), l'épitrope lui-même en donnant l'exemple. Le bey se mit à sa fenêtre pour jouir de cette scène joyeuse, et dit au capucin en langue franque : « Mirar, papas; mi parlar bono; canaglia senza fiede piandjir ; mami bastonnar, mi far pagar, subito ballare cantar. »

2. "Voyez, mon père, je leur parle bien ; cette canaille sans foi se lamente; mais je les fais bâtonner, je les fais payer, et les voilà qui dansent et qui chantent."»

page 292 : Mavroyeni hospodar de Valachie

« Plusieurs années s'étaient écoulées depuis que j'avais quitté Mavroyeni [...]
«Eh bien! » dis-je à la première connaissance que je rencontrai, « Mavroyeni est-il toujours logé à l'arsenal?»
« Oh! non vraiment, » me répondit Notara.
« Je vous entends, » repris-je; et en même temps je passai la main sur mon cou, de manière à faire voir que je pensais qu'il y avait eu solution de continuité entre sa tête et son tronc.
« Pas encore, » me dit Notara, « mais il en est sur le grand chemin. Il est maintenant hospodar de Valachie. »
« Hospodar de Valachie ! » répétai-je en reculant au moins de trois pas. « Quoi! Nicolas Mavroyeni, insulaire grec, vrai taouchan [tavsan, lièvre ; note :  Lièvre, épithète de mépris donnée par les Turcs aux insulaires grecs], a eu l'adresse de réussir à se faire nommer chef de la plus belle des deux provinces grecques, à la barbe des Ipsilanti, des Morousi, des Callimachi et des Soutzo, que le Fanar pouvait mettre en avant pour s'opposer à cette invasion! »
«Oui,» répondit Notara, « après avoir été, pendant quinze ans et plus, menacé régulièrement tous les jours, par le grand-amiral, de la perte de sa place, il n'a quitté les fonctions de drogman de la marine que pour s'élever au poste le plus haut que puisse atteindre un sujet grec dans l'empire turc; et cela, sans stipulation pour l'achat de sa principauté, sans compromis pour le temps pendant lequel il en resterait en possession, sans aucun engagement pour la disposition des places subalternes, en un mot sans aucune condition ni restriction. »
Je le priai de m'expliquer comment ce miracle s'était opéré.
« Il faut vous rappeler, » me dit-il, « que la Russie n'a jamais agi plus hostilement envers la Turquie qu'après la conclusion de la paix. Mais les Moscovites étaient gouvernés par un homme portant des jupons, et nous l'étions par de vieilles femmes en turban, les vizirs Halil-Hamid et Schahin-Aly, qui se sont successivement montrés résolus à souffrir toutes les insultes de la virago du Nord. Enfin, l'entrevue qui eut lieu entre Joseph et Catherine ouvrit les yeux du sultan. Abdoul-Hamid sentit que tous ses sacrifices ne pourraient maintenir la paix et qu'ils diminueraient les moyens qui lui restaient pour faire la guerre. Il destitua le pacifique Schahin, et chercha un vizir plus entreprenant et plus belliqueux. Il n'existait, dans tout l'empire, qu'un seul homme capable de répondre à ses vues : c'était Youssouf, qui avait été successivement porteur d'eau à Smyrne, caliondgi sur la flotte, le conseiller et la main droite du capitan-pacha, le défenseur du Boghaz contre les Russes, le mouhassil de la Morée, et il fut nommé premier vizir de l'empire ottoman.»

Page 344 : Affaires d'Egypte

« A force d'amendes, de confiscations et d'autres moyens de même nature, Hassan avait alors recueilli de son expédition les fruits réels qu'il en attendait. Il savait qu'il était impossible de réduire des hommes qui avaient toujours une retraite assurée dans des lieux où il était impossible de les poursuivre. Il prit donc le prétexte de la rupture qui menaçait d'éclater entre la Porte et la Russie, pour retourner à Constantinople ; et, le 24 juillet 1787, il signa avec les beys rebelles un traité par lequel il les laissait en possession de toute la contrée située entre la Nubie et Barbieh. Ils renoncèrent à s'avancer davantage du côté du Caire, et donnèrent quatre otages pour garantie de l'exécution de cette clause; c'étaient mon ancien ami Ayoub-bey, Osman bey-tambourdgi, et deux beys de nouvelle création, Abdérahman et Hussein. Il devait cependant leur être permis de rester au Caire sous la surveillance du vizir. »

Page 358 : Bucarest

« Dès l'instant que la rupture avec l'Autriche avait été déclarée, Mavroyeni, prévoyant que la Valachie allait devenir le théâtre de la guerre, avait renvoyé à Constantinople sa grosse princesse et toute sa suite; mesure dont j'admirai la sagesse, et qui me sembla de bon augure pour moi. Pour se mettre en état de subvenir aux dépenses qu'exigeait la défense de sa principauté, il avait levé d'énormes contributions, non-seulement sur les laïques, mais même sur les membres du clergé, qui; ministres de paix, ne concevaient pas en quoi la guerre pouvait les concerner, et qui croyaient qu'on ne devait exiger d'eux que des prières pour le salut de leur pays. Il avait en outre exilé en Turquie, ou fait emprisonner sur les lieux, ceux des boyard-; qu'il soupçonnait d'entretenir des intelligences secrètes avec l'Autriche. Il avait confié à sept ou huit mille seïmans, ou soldats provinciaux, la garde des défilés et des ravins qui forment le seul passage à travers cette barrière formidable de montagnes qui séparent la Transylvanie du pays des Roumoums [note : Valaques]. Par ses soins, Bucharest, ville d'une immense étendue, mais située dans une plaine, et pour la défense de laquelle la nature n'a rien fait et l'ait n'a pu faire grand'chose, devint aussi bien fortifiée que sa situation le permettait. Chaque khani fut converti en batterie; tous les couvents furent changés en forteresses; le palais archiépiscopal et la cathédrale même, construits sur la seule hauteur qui pût fournir un point de défense, se transformèrent en citadelle ; et, au scandale inexprimable des Valaques, des soldats furent logés là où on n'avait jusqu'alors entendu que les saints offices, des boulets de canon empilés là où était plantée la croix, des mousquets et des sabres amoncelés au lieu même où le prêtre présentait l'hostie à la vénération des fidèles. »

Sommaire complet d'Anastase

CHAPITRE PREMIER. 

Naissance d'Anastase à Chios.— Sa famille. — Son didascalos. — Inclinations d'Anastase. — Hélène, fille du consul de France. — Amours d'Anastase et d'Hélène. — Anastase s'enfuit de Chios à bord d'un brick vénitien. — Ses tourments à bord. — Le brick est pris par des Maniotes. — Il est repris par un vaisseau du capitan-pacha Hassan .... 1 

CHAPITRE II. 

Digression historique sur la guerre de 1770 entre les Russes et les Turcs. — Les Albanais dévastent la Morée. — Hassan-Pacha est envoyé contre eux. — Esquisse d'Hassan-Pacha. — Il campe dans la plaine d'Argos. — Anastase est emmené à Nauplie en prison. — Histoire de Panayoti, l'un de ses compagnons de captivité. — Les prisonniers sont conduits devant Mavroyeni, natif de Paros, drogman du capitan-pacha. — Anastase lui plaît et est attaché à sa personne. — Détails sur Mavroyeni .... 18 

CHAPITRE III. 

Il est nommé cafedgi. — Conseils du vieux Dimos. — Il est chargé d'éloigner les parents du drogman. — Il est présenté à Hassan. — Son peu de succès près de lui. — Hassan marche contre les Albanais qui assiégeaient Tripolitza. — Anastase est admis à combattre. — Ses prouesses. — Il est complimenté par Hassan. — Hassan envoie contre le Magne. — Cruautés d'Hassan. — Il est rappelé et quitte Nauplie en novembre 1779. — Anastase s'embarque avec Mavroyeni pour Constantinople. — Son activité à bord. — Sa chute devant Chios. — Ses premières impressions en apercevant Constantinople .... 30  

CHAPITRE IV.  

Habitation de Mavroyeni. — Fonctions d'Anastase. — Ses profits. — Tableau turc d'une bataille sans personnages. — La drogmanesse. — Son humiliation en présence d'Anastase. — Le tendour. — Similitude entre les Grecs anciens et les Grecs modernes. — Anastase est bien accueilli des grands. — Ses succès amoureux. — Théophanie. — Anastase est renvoyé du service de Mavroyeni .... 48  

CHAPITRE V. 

 Il passe de Thérapia à Galata. — Il éprouve ses amis et se ruine. — Vasili. — Il prend des habits plus modestes. — Il devient l'assistant d'un médecin juif nommé Yacoub. — Mort d'un Parsis. — Il est admis comme aide-médecin dans les maisons des grands. — Rencontre avec le médecin franc du sérail. — Lui et son maître sont envoyés au bagne ... 64  

CHAPITRE VI.  

Le bagne de Constantinople et son gardien. — Anastase y rencontre Mackari, le pirate maniote qui avait pris le brick vénitien. — Son caractère. — La peste au bagne — Yacoub se prétend fou. — Anastase fait connaissance avec Anagnosti .... 70  

CHAPITRE VII. 

 Histoire d'Anagnosti. — Il quitte Phonia avec sa famille. — Sa mère meurt en lui prescrivant de se défier de ses amis. — Il est adopté par une vieille femme de Volo, — Il s'embarque à bord d'un vaisseau hydriote. — Il déserte  Constantinople. — Il entre au service d'un boulanger et est sur le point d'être jeté dans un four à sa place. — Il entre chez un maître de danse. — Il s'établit danseur pour son compte, — Ses succès font naître une querelle de rivalité, à la suite de laquelle il est envoyé au bagne. — Sa peur du nom seul d'ami. — Anagnosti et Anastase deviennent frères-faits .... 85  

CHAPITRE VIIL  

Anastase sort du bagne. — Il est repoussé de chez Mavroyeni. — Il échappe au moment où on le conduisait à l'hôpital des pestiférés. — Il est reçu à l'hôpital de St-Démetrius. — Il en sort et se fait interprète et valet de place d'un voyageur allemand. — Il continue à Péra la vie de drogman. — Scène avec un Anglais. — Il s'attache au service d'un jeune Français. — Puis d'un baron suédois, amoureux de la femme du drogman de Venise. — Anastase veut faire l'amour pour son compte et est chassé .... 98 

CHAPITRE IX.  

Anastase veut acheter un bérath. — Ses amours avec une femme turque, — Il achète son bérath. — Il est surpris par le mari. — La belle Esmé est noyée dans la mer Noire. — Il échappe au mari, se réfugie dans une mosquée et se déclare mahométan .... 113  

CHAPITRE X.  

Propagande philosophique d'Eugène. — Anastase devenu mahométan prend le nom de Sélim. — Son apprentissage religieux. — Recette plus courte  pour paraître bon mahométan .... 123 

CHAPITRE XL 

Printemps de Constantinople. — Anastase humilié par un Turc. — Il rencontre en ce moment le pauvre Anagnosti, dont la présence le blesse. Anagnosti lui reproche son apostasie et est tué par lui. — Regrets inutiles d'Anastase. — Il court après les dissipations. — Il cherche à oublier sa faute dans l'ivresse de l'opium .... 132 

CHAPITRE XII. 

Anastase est ruiné. — Il se décide à aller réclamer la succession de sa mère à Naxie. — Il s'embarque. — Calme et tempête. — On veut jeter un juif à la mer. — Anastase le sauve et le met à contribution. — Arrivée à Chios. — Mauvais accueil qui lui est fait par sa famille. — Il est chassé par son père .... 143 

CHAPITRE XIII. Il apprend la mort d'Hélène à Samos. — Dernière lettre d'Hélène. — Il va visiter le tombeau de son Hélène à Samos. — Il arrive à Naxie. — Ses discussions d'intérêt avec Marcopoliti, — Complot de Marcopoliti contre lui. — Il s'en venge en quittant Naxie. — Il aborde dans l'île de Paros .... 158 

CHAPITRE XIV.

 Anastase contracte amitié avec Ali. — Vie d'un tchaouch. — Manière de lever les contributions dans les îles. — Arrivée à Rhodes. — Description de la ville. — Anastase se décide à aller prendre part à la guerre en Egypte. — Il quitte Rhodes ....  171  

CHAPITRE XV. 

Maladroite navigation de la sacoleva d'Anastase. — L'îlot de la Galère. —  Il aborde Castel-Rosso, puis continue son voyage et arrive à Alexandrie.  — Justice d'un cadi égyptien. —Discussion avec un franciscain. —Idées  d'un Turc sur le culte des images. — Il s'embarque sur le Nil pour aller  à Rosette. — Il rencontre à bord une pacotille d'esclaves. — Histoire d'une  Circassienne. —- Dispute entre les esclaves. — Arrivée à Rosette. — Le Nil,  seul objet de toutes les pensées et de toutes les conversations ….  187  

CHAPITRE XVI.  

Digression sur les mamelucks. — Ils deviennent les beys ou princes de  l'Egypte. — Sélim envahit l'Egypte. — Abaissement des beys. — Revue de  l'histoire d'Egypte. — Débats entre Ismaïl d'une part et Ibrahim et Mourad de l'autre …. 201  

CHAPITRE XVII. 

Anastase se présente chez Suleïman-Bey. — Ses services sont acceptés. — Portrait de Suleïman. — Jeux guerriers des mamelucks. — Succès d'Anastase. — Famille de Suleïman. — Portrait d'un Géorgien. — Anastase devient le favori de Suleïman-Rey. — Maladie de Suleïman. — Anastase le  guérit …. 217

CHAPITRE XVIII.  

Anastase est nommé caïmakam. — Ses apprêts de voyage. — Sa manière de  voyager, — Sou arrivée dans sa seigneurie. — Son administration. — Ses  préoccupations sur le Nil. — Il est remplacé. — Il échappe aux Bédouins.  — Il retourne an Caire ... . 233  

CHAPITRE XIX.  

Projet de guerre entre les beys. — Anastase est mandé chez  Ayoub-bey   qui lui offre sa sœur —Suleïman lui offre aussi la sienne et le rang de kiachef. — Embarras d'Anastase. — Il vent voir la fille d'Ayoub et est sur le point d'être surpris. — Il épouse la fille de Suleiman. — Son mariage. — Exigences de sa femme. — Il se prépare à partir pour son gouvernement … 246  

CHAPITRE XX.  

Voyage d'Anastase pour se rendre à son gouvernement. — Ses rencontres.  — La terreur qu'il inspire en arrivant. — Tributs qu'on lui paye. — Maladie de sa femme Khadidgé. — II part pour le Caire et arrive après sa  mort. — Dispositions de guerre. — Plan qu'il propose. — Le plan contraire  est adopté. — Ils sont obligés de lever le camp …. 200  

CHAPITRE XXI.  

Bataille entre les beys. — Courage téméraire d'Anastase. — La crainte de  l'arrivée d'Hassan-Pacha rapproche les beys. — Anastase est remplacé  dans son gouvernement. — II tue son successeur. —Il se réfugie dans le  désert, — passe dans la Haute-Egypte, — regagne le désert, — s'embarque  sur la mer Rouge, — arrive à Djedda …. 209  

CHAPITRE XXIL  

Anastase va en pèlerinage à La Mecque. — Il se lie avec un adepte de la  science cabalistique. — Il consulte un astrologue. — Il accomplit toutes  ses cérémonies religieuses à La Mecque, — puis à Médine. — Diverses  chances d'une caravane. — Histoire d'un Grec de Chypre devenu mahométan. — Anastase arrive à Damas. — Sa rencontre avec un Franc déguisé. — Sa querelle avec un capucin. — Il va s'embarquer à Tripoli  pour Stamboul …. 279  

CHAPITRE XXIII.  

Anastase s'enquiert de Mavroyeni, qui était nommé hospodar de Valachie. — Histoire de la liaison d'Anastase avec la famille Mavrocordatos. — Il sauve Spiridion Mavrocordatos à Chios dans son enfance. — Il est bien traité par le père. — Il va revoir Spiridion en arrivant. — Tendre amitié de Spiridion …. 292  

CHAPITRE XXIV.  

Efforts de Spiridion pour réformer Anastase. — Inutilité de ses efforts. —  Anastase est renvoyé de la maison Mavrocordatos …. 299  

CHAPITRE XXV.  

Spiridion donne un nouveau témoignage d'amitié à Anastase. — Anastase  un Turc qui insultait Spiridion. — Il s'enfuit à Rodosto. —Spiridion  part l'y joindre …. 303    

CHAPITRE XXVI.  

Il arrive à Mitylène. — Il apprend la mort de son père. — Il part pour Chios  avec Spiridion …. 310  

CHAPITRE XXVII.  

Anastase retrouve la santé dans l'île de Chypre. — Digression sur l'état de  l'Egypte depuis le départ d'Anastase. — Anastase va rejoindre à Naplouse,  en Palestine, l'armée turque destinée à l'invasion de l'Egypte. —Il arrive  au Caire. — Il retrouve Hassan-Pacha, qui l'accueille. —Bataille coutre  Mourad. — Le corps expéditionnaire traverse le Nil en janvier 1787. —  Anastase fait prisonnier le porteur de blouse à tabac de son ancien maître  Suleïman , en reçoit une large rançon et retourne avec l'armée au  Caire …. 330  

CHAPITRE XXVIII.  

Hassan signe, le 24 juillet 1787, un traité avec les beys. — Anastase sauve son ancien confédéré Yacoub-bey. — Il s'embarque à Alexandrie pour Constantinople. — Guerre entre la Russie et la Porte en Valachie. — Anastase se décide à aller trouver Mavroyeni, devenu prince de Valachie.  — Il rencontre une troupe de mendiants moraïtes — Il traverse les Balkans et rencontre des voyageurs francs. — Indiscrétion d'un moine grec.  — Il rencontre Coudily, qui quittait le service de Mavroyeni  …. 344  

CHAPITRE XXIX.  

Anastase arrive à Bucharest. — Cour de Mavroyeni. — Il se présente à son  premier patron. — Ses services sont agréés. — Politique de Mavroyeni.  — Anastase est nommé chef des Arnautes de la garde. — Situation d'un  hospodar. — Faiblesse de Mavroyeni. — Marche de l'armée sur Foczan …. 358  

CHAPITRE XXX.  

Rencontre avec les Autrichiens. — Avantages remportés par Anastase. — Il  veut passer les défilés pour marcher sur Cronstadt. — Il est repoussé. —  Prise du comte Miaczinski qu'Anastase avait connu à Péra. — Sa mort. —  Le corps turc rentre à Valeni …. 378  

CHAPITRE XXXI.  

Les fièvres de marais amènent un armistice avec les Autrichiens. — Prise  d'Oczakow par Potemkin. — Sélim succède à Abdoul-Hamid le 7 avril 1789. — Disgrâce d'Hassan et d'Youssouf. — Embarras de Mavroyeni, — Armistice le 20 mai 1790. — Mort d'Hassan. — Stéphanos, neveu de Mavroyeni, est remplacé par Hangery. — Reprise des hostilités avec les  Autrichiens. — Dernières luttes de Mavroyeni. — Son exécution ... 391  

CHAPITRE XXXII.  

Anastase tombe malade et songe à écrire ses Mémoires. — Il arrive à Constantinople. — Il veut devenir capitaliste. — Il s'associe avec un musulman fataliste. — Caractère de Wélid. — Spéculations d'Anastase. Il  fait naufrage. — Il part pour Smyrne. — Difficultés qu'il a avec son fripon de guide. — Il arrive à Smyrne et rentre dans les fonds de son bâtiment assuré. — Isaac-bey et ses voyages en Italie, en France et en Angleterre. — Ses aventures ….  409  

CHAPITRE XXXIII.  

Anastase est présenté au chef de la famille puissante des Oglou. — Portrait  d'Hadji-Bollad-Oglou. — Il accueille Anastase avec bienveillance. — Retour  d Anastase à Constantinople. — Il veut entrer au service militaire russe  pour plaire à la czarine Catherine. — Il devient amoureux d'une veuve.  — Il rencontre en allant à Brousse un caloyer renouvelant sa provision de  reliques ….  429  

CHAPITRE XXXIV.  

Il se lie avec une société de mauvais sujets. — Euphrosyne. —Il fait le pari  de la déshonorer. — Il fait connaissance avec Sophie, sa femme de chambre. — Intrigues. — Il aperçoit Euphrosyne. — Conseils de Sophie. —  Billet. — Il pénètre la nuit chez Euphrosyne. — Éclat public. — Anastase  s'engage à garder le silence ….  442  

CHAPITRE XXXV.  

Euphrosyne se réfugie chez lui pour réclamer réparation. — Anastase fait  valoir inutilement le gain de son pari. — Il rencontre Sophie et cherche à  se venger d'elle. — Noble caractère d'Euphrosyne. — Détestable conduite  d'Anastase. —Disparition d'Euphrosyne. — Reproches que se fait Anastase.  — Lettre de Sophie révélant sa vengeance ….  458  

CHAPITRE XXXVI.  

Anastase trouve sou fils Alexis. — Une poète italien l'engage à se présenter à  la Convention française comme représentant de la Grèce affranchie. — Il  se joint à une bande de klephtes. —Sa première expédition. —Il se réunit  à une caravane qui se rend à Alep. — II rencontre des adorateurs de  Satan. — Aventures de l'Arménien Mallim Moursa  ….  475  

CHAPITRE XXXVII.  

Portrait de Soliman, pacha de Bagdad, et d'Achmet, son kiaya. — Digression  sur les Wahabites. —Guerre du pacha de Bagdad coutre les Wahabites.  — Anastase lève un corps de dehlis. — Talents poétiques du Persan Abou-Kiza. — Anastase se brouille avec le kiaya. — Anastase rencontre un Wa-  habite et se décide à se rendre parmi eux. — Il quitte Bagdad en toute  hâte …. 490  

CHAPITRE XXXVIII.  

Anastase visite les Bédouins. — Leur existence entre le pacha de Bagdad et  les Wahabites.— Anastase traverse divers campements de Bédouins, chargé  de la conduite d'une précieuse jument arabe. —Le samiel ou simoun dans  le désert ….  507

CHAPITRE XXXIX.  

Anastase se présente devant le chef des Wahabites. — Vengeance de famille.  — On fait appel aux talents médicaux d'Anastase. — Il réussit …. 521  

CHAPITRE XL.  

Vie d'Anastase parmi les Bédouins wahabites. — Il se lie d'amitié avec Omar.  — On le marie avec une Wahabite. — Portrait d'Aïsché. — Préparatifs de  guerre. — Marche des Wahabites. — Levée du camp. —Aïsché tombe d'un  chameau et se tue ….  530  

CHAPITRE XLI.  

Anastase est poursuivi chez les Wahabites par la ruse perfide du kiaya. — Il  quitte les Wahabites. — Attaque d'une caravane. — Il abandonne les Arabes  et arrive à Acre, où commandait Djezzar-Pacha  …. 543  

CHAPITRE XLII.  

Djezzar-Pacha. — Digression sur les Druses du Liban. — Sur les Maronites.  — Après la défaite de Daher, Djezzar reste pacha d'Acre. — Sa dureté et  sa rapacité. — Conspiration de ses mamelucks et de ses femmes contre lui.  — Ses vengeances. — Extinction de la domination de Djezzar-Pacha par ses  crimes. — Arrivée de Djezzar à Acre. — Fuite d'Anastase. — Sa rencontre  avec un derviche ….  554  

CHAPITRE XLIII.  

Histoire d'un mollah. — Anastase rencontre des Turcomans, puis des Kourdes. — II rencontre un de ses anciens amis d'Egypte. — Il quitte l'habit  de santon. — Il arrive à Constantinople. — Il s'informe du sort de son fils  Alexis. — Il va le chercher à Smyrne sans l'y trouver ….  568  

CHAPITRE XLIV.  

Digression sur l'état de l'Egypte en 1790. — II rencontre son fils Alexis à  Alexandrie. — Il rencontre dans les catacombes d'Alexandrie le poète  Cirico, qui fait du magnétisme. — Il reçoit l'ordre de quitter l'Egypte. —  Il forme le plan d'enlever son fils …. 583  

CHAPITRE XLV.  

Anastase met le feu à la maison du consul et s'empare de son fils. — Il est  poursuivi. —Il parvient à s'embarquer avec lui, mais après une chute  dangereuse. — Il est pris par un corsaire maltais à la hauteur de Cérigo et  mené à Malte. — Lazaret. — Il se résout à rentrer incognito dans le  giron de l'Église. — Comparaison entre les habitudes de l'Orient et celles  de l'Occident. — Il quitte le lazaret ….  597  

CHAPITRE XLVI.  

Il débarque à Messine et se rend à Naples. — Ses liaisons avec la société  napolitaine. — Bibliothèque. — Bal masqué. — Il y rencontre Cirico. —  Lettre de la femme du consul à Anastase an sujet de son fils. — II quitte  Naples et va à Rome. — Tableau de Rome. — Il rencontre Cagliostro. —  Il arrive à Ancône et part pour Trieste….   606  

CHAPITRE XLVII.  

Maladie du fils d'Anastase. — Anastase arrive à Trieste. — Mort d'Alexis au  lazaret. — Anastase sort du lazaret. — Ses regrets. — Tableau de Trieste.  — Anastase part pour aller s'établira Vienne, et retrouve avant de partir  son ami Spiridion, dont il a perdu l'affection ….  621  

CHAPITRE XLVIIL  

Anastase passe sa vie en revue. — Vision d'Anastase. — Il achète une  chaumière pour s'y fixer. — Il se laisse persuader d'écrire ses mémoires  à trente-cinq ans, mais déjà vieilli par le chagrin et par les maladies. —  Conclusion ….  632