Murat IV Gazi [le victorieux], né en 1609, était âgé de 13 ans, lorsque, par suite de la déposition de son oncle Mustafa, il fut appelé à l'empire, l'an 1622, au milieu des orages dont cinq règnes faibles avaient environné le trône. Sa mère, la sultane Kösem, lui donna les premières leçons de l'art de gouverner, et bientôt le caractère absolu de Murat, sa force extraordinaire, la majesté empreinte dans ses traits, le firent redouter de ses sujets et de ses ennemis. Son adresse à manier un cheval et à lancer une flèche n'avait point d'égale. 
Peu de règnes eussent été plus glorieux que le sien, s'il ne l'eût souillé par de nombreux actes de cruauté et de mauvaise foi; et surtout par les passions les plus viles il s'adonna de bonne heure à l'ivrognerie, et se livra aux excès les plus honteux. Cependant, dans une guerre qu'il eut à soutenir contre la Perse, il se mit lui-même a la tête de son armée, et vint assiéger Bagdad ; il fit preuve, à l'attaque de cette ville, d'une grande valeur et d'une activité extraordinaire. Vêtu en simple janissaire, suivant le vœu qu'il avait fait de porter cet uniforme tant que durerait le siège, il partageait avec ses soldats les travaux les plus pénibles; il donna le premier coup de pioche pour ouvrir la tranchée; il mit le feu au premier canon qu'on tira contre la place, qui fut obligée de capituler, malgré la force, de ses remparts et la valeur de sa garnison. 
Murat avait promis aux assiégés la vie la liberté, la conservation de leurs biens; au mépris de sa parole, il les fit tous égorger pendant la nuit, et entra le lendemain en triomphe dans Bagdad. Les chevaux de son cortège marchaient dans le sang et foulaient aux pieds les cadavres encore palpitants des victimes de cette infâme perfidie. Le vainqueur fit ensuite une entrée solennelle à Constantinople monté sur un superbe coursier, couvert d'une peau de léopard attachée à son épaule par une agraffe de pierreries, précédé de vingt captifs de la plus haute distinction et chargés de grosses chaînes d'argent. Un ambassadeur vint, au nom du safavide de Perse, pour traiter la paix. Le sultan le reçut avec hauteur; néanmoins la paix fut conclue avec assez de facilité, et combla de joie les deux nations. Murat IV mourut l'année suivante, 1640, à 31 ans, précipité au tombeau par la goutte et l'hydropisie compagnes presque inséparables de la débauche. Tv.

extrait de l'Encyclopédie du dix-neuvième siècle : répertoire universel des sciences, des lettres et des arts, avec la biographie de tous les hommes célèbres, 1837 
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