Un état des lieux des ouvrages publiés avant cette date dans tous les pays européens.

"Jusqu’à ces derniers temps, à l’exception d’un petit nombre de savants, on s’était peu occupé en Europe de l’étude du turc. Jérôme Mégiser, mort à Linz en 1616 publia le premier essai d’une grammaire de cette langue, intitulée : Institutionum linguae turcicae lib. IV (1612). Après lui André du Ryer fit paraître ses Rudimenta grammatices linguae turcicae (Paris, 1630, in-4°).

En Angleterre, Castle ne négligea pas entièrement le turc dans son Dictionnaire et Guillaume Seaman, à qui l’on doit la publication du Nouveau-Testament, traduit par le renégat Bobovius (D. N. Jesu-Christi Testamentum novum turcice redditum, Oxford, 1664, in-4°), donna aussi une Grammatica linguae turcicae.

En Hollande, Augier Ghislen de Busbecq, mort en 1592, s’était déjà fait un nom par la profonde connaissance qu’il avait acquise de cette langue.

Dès l’année 1641, avait paru à Rome un Dizionario della lingua italiana turchesca, sive Lexicon italico-turcicum et turcico-italicum, auquel l’auteur, Molino, ajouta une courte grammaire turque, imprimée, comme le dictionnaire, en caractères latins. Cet ouvrage fut bientôt suivi du Vocabularium italico-turcicum, traduit par Pietro de Albavilla (1665, 2 volumes in-4°), du français de Bernard de Paris, capucin, à qui l’on doit aussi une grammaire, moins complète cependant que celle qu’on trouve dans le Syntagma linguarum orientalium de Maggio Franc. Maria (Rome, 1641, 2 volumes in-fol.).

Quelques années plus tard, Giov.-Batista Donado publia même une Letteratura dei Turchi (Venise, 1688, in-12).

En Allemagne, la route frayée par Megiser fut suivie par Christ.-Aug. Bode, qui publia à Halberstadt 80 proverbes turcs ; par Jac. Nagy de Harsany et J.-B. Podesta, qui firent imprimer des Cursus grammaticales, le premier à Koelin sur la Spree, en 1672, le second à Vienne, en 1687, 3 vol. in-4°.

Après eux, Georges-Jérôme Welsch et Tengnagel donnèrent des preuves de leur profonde connaissance de la langue turque ; cependant ils furent surpassés sous ce rapport par François de Mesgnien dit Meninski dont la grammaire (Institutiones linguae turcicae, Vienne, 1758, 2 vol. en 1 tomes petit in-fol.) et le dictionnaire (Thesaurus linguarum orientalium , turcicae, arab., etc., Vienne, 1680, 3 vol. in-fol.) doivent encore aujourd’hui se trouver entre les mains de tous ceux qui étudient le turc.

Depuis cette époque, on a publié un grand nombre de grammaires turques, mais il en est fort peu de vraiment bonnes.

Si celles de Viguier (Constantinople, 1790, in-4°) et de Cosme Comidas (Rome, 1794, in-4°) sont trop prolixes, celles de Meninski , de Vaughan (Londres, 1709), du Père Holdermann (Constantinople, 1730, in-4°), de Pianzola, de Preindl (Berlin, 1790) et de Besse (Pesth, 1829), comme celle de l’Arménien Artin Hindoglou (Vienne, 1829) sont trop concises.

On peut regarder comme les meilleures, les grammaires de MM. Jaubert (Nouveaux éléments de la grammaire turke, Paris, 1823, in-4°, imprimerie royale), de Davids (Grammar of the turkish language, Londres, 1832, in-4°) et de Bersworth (Neueste Grammatik der türkischen Sprache, Berlin, 1839, in-4°).

Kieffer, à qui l’on doit la première traduction complète de la Bible en langue turque, donna un Dictionnaire turc-français que termina M. Bianchi (Paris, 1835-1837, 2 vol. in-8°).

Le turc est aussi compris dans le grand dictionnaire du prince Alexandre Handjéri…

On a publié dans ces derniers temps plusieurs vocabulaires français-turc, parmi lesquels nous citerons ceux de Georges Rhasis (Pétersbourg, 1829), de M. Bianchi (Paris, 1831).

M. Bianchi a depuis fait paraître un Dictionnaire français-turc, Paris, 1843, et un Guide de la conversation en français et en turc, 1839, in-8° oblong.

Enfin, nous citerons encore Bernard Pianzola, Dizionario, gramatiche e dialoghi per apprendere le lingue italiana, greca volgare et turca (Padoue, 1789, 3 vol.).

Mais, pour étudier une langue, il ne suffit pas d’avoir à sa disposition des dictionnaires et des grammaires, il faut encore des livres écrits en cette langue, et nous sommes malheureusement très pauvres sous ce rapport : la plupart n’existent qu’en manuscrit, et à cet égard on consultera avec fruit le catalogue de la bibliothèque de Kieffer (1) (Paris, 1833).

(1) Jean-Daniel Kieffer, professeur de turc au Collège de France, secrétaire interprète du roi pour la même langue, vice-président de la Société asiatique de Paris, l’un des fondateurs et des membres les plus zélés de la Société biblique protestante de cette ville, consacra plus de dix années de sa vie à compléter et à corriger la traduction de la Bible en turc. Cet excellent homme à la mémoire duquel, comme compatriote et comme ami, on nous permettra de payer ici un tribut de respect, était né à Strasbourg, le 4 mai 1767 ; il est mort à Paris, le 29 janvier 1833."

L'Oriental Translation commitee
Constantinople était restée seule chargée de faire connaître aux savants européens les productions des écrivains ottomans ; mais depuis quelque temps on s'occupe sérieusement en Occident de la reproduction ou de la traduction de leurs ouvrages. Nous avons déjà parlé des travaux de M. Hammer et des efforts de l'Oriental Translation commitee de Londres. Cette société a débuté par la traductions des Annales de Naïma, du Voyage d'Evlia-Effendi et de quelques ouvrages historiques de Hadji-Khalfa. 

Extrait de l'"Encyclopédie des gens du monde, répertoire universel des sciences, des lettres et des arts... avec des notices...", Treutz et Würtz, 1844
J.H.S

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"La guerre d'Orient a fait naître une foule de publications sur la langue turque, dont la plupart ne survivront probablement pas au besoin momentané qu'elles étaient destinées à satisfaire, ou aideront peut-être des voyageurs et  des négociants à faciliter leur contact avec les gens du pays ; cependant, parmi celles qui sont venues à ma connaissance, il y en a quelques-unes qui promettent de rendre des services plus durables, comme le Livre de lectures turques de M. Barker, qui est précédé d'une grammaire et suivi d'un vocabulaire ; la Chrestomathie de M. Dieterici, et le dictionnaire anglais-turc de M. Redhouse, qui doit être complété par un second volume contenant la partie turque-anglaise...
Extrait de "Annales de philosophie chrétienne, 4e série, Tome XIV, 1856", p. 412-413 

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