Le Français, qui a bénéficié et qui bénéficie encore d'un certain prestige comme langue de culture, est malheureusement en perte de vitesse en Turquie.

La deuxième moitié du XIXe siècle marque, en Turquie,  l'âge d'or du Français, langue de la diplomatie et de la culture et, parfois, de l'administration.  D'abord réticents, les Ottomans ont pris conscience, à partir du début du XIXe siècle, de la nécessité de maîtriser les langues étrangères.

Face à l'Angleterre, à l'Autriche et à la Russie, il y eut longtemps convergence d'intérêts entre la France et la Turquie.  L'alliance de François Ier et de Soliman le Magnifique est bien connue. Dans les décennies précédant la Révolution, la France fut un partenaire économique privilégié avec 60 % du commerce.

De nombreuses écoles privées francophones qui existent toujours, comme Saint-Benoît,  Notre-Dame de Sion, Sainte-Pulchérie, Saint- Joseph, furent créées dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

Certains écrivains pouvaient écrire en Français comme on le voit dans le recueil de Recaizade Mahmut Ekrem, "Nejad Ekrem", publié en 1911 ; de nombreux périodiques paraissaient en Français ou en Français et en Turc, comme "Kalem" (1908-1909) ; Mustafa Kemal Atatürk lui-même lisait le Français et, dans les années 1930, l'état turc publiait un magazine international, La Turquie kémaliste, en grande partie écrit en Français.

Mais le déclin s'était amorcé en 1929, date à laquelle le Français perd son monopole dans l'enseignement supérieur turc.

L'Anglais devient alors de plus en plus populaire, tout comme l'Allemand, surtout pour des raisons économiques.

Professeurs de Français en 1942

Comme le montre la carte postale, datant de 1941-42,  avec les portraits des professeurs formés par le Muallim mektebi (l'équivalent d'une école normale) de Konya, ce déclin fut lent. Sur 25 enseignants, 3 sont destinés à enseigner le Français qui est encore la seule langue étrangère, ce qui représente une bonne proportion.

Les positions de la France sur le génocide arménien et son hostilité à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne ont, ces dernières années, accentué ce déclin.

Actuellement, seuls 1% des élèves turcs parlent le français. Les établissements bilingues francophones qui accueillent 9000 élèves et étudiants en 2015, comme le lycée de Galatasaray, bénéficient cependant d'un grand prestige.

A lire

Ekrem AKSOY, « La francophonie en Turquie de l’Empire à nos jours », Documents pour l’histoire du français langue étrangère ou seconde [En ligne], 38/39 | 2007, mis en ligne le 18 décembre 2010, URL : http://dhfles.revues.org/138

Joëlle Schwendimann Cassel et Eser Gerdanli, « Turquie : des intentions aux réalités », Revue internationale d’éducation de Sèvres [En ligne], 07 | 1995, URL : http://ries.revues.org/3978

Demiryürek, M. (2013). An evaluation on the teaching of the French language as the foreign language in Turkey (1891- 1928). Hacettepe Üniversitesi Eğitim Fakültesi Dergisi [Hacettepe University Journal of Education], 28(1), 130-140. [en Turc] http://dergipark.ulakbim.gov.tr/hunefd/article/view/5000048048

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